Saturday, November 18, 2017

Et si… l’Agenda 21 était une fumisterie de plus ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Un échange avec un de mes amis habitant de l’autre côté de Toulouse sur ce que les textes appellent le « Programmes Agenda 21 » nous amène à partager le constat suivant : autre commune, autre intercommunalité, mêmes divagations. Notre expérience de ces divagations aboutissant à des projets et budgets pharaoniques m’a semblé mériter une chronique, dans la mesure où toutes nos communes hélas – les vôtres aussi – subissent l’épée de Damoclès de ces dépenses fantaisistes.

Issu de la Conférence de Rio de 1992 et appuyé par le Grelin-grelin de l’Environnement, l’Agenda 21 se veut reprendre les « meilleures pratiques » du développement durable pour promettre aux communes un avenir radieux. Chaque municipalité y confirme sa logique interventionniste pour « lutter contre la pauvreté, arrêter la pollution de l’air, préserver la biodiversité, promouvoir la santé, le logement, l’éducation et plus globalement une démarche démocratique ». Et pour effacer ces inquiétudes majeures, il est bon de lever des impôts et préparer une belle ardoise pour demain.

Chaque commune y va de son « diagnostic ». Oubliant au passage qu’elles ont survécu à ce jour à quelques milliers d’années d’histoire pas toujours des plus éco ni logique, leur programme pose une bonne trentaine d’actions hétéroclites s’appuyant sur 3 ou 4 axes. On se limitera ici à examiner les 3 axes de la commune de mon ami, car ils suffisent à illustrer le ridicule danger de cet exercice.

Axe 1 : « Organiser, développer et structurer durablement le territoire » : En quoi est-il légitime ou nécessaire de poser un tel principe pour acquis ? S’il est évident que le territoire nous concerne tous, surtout dans une commune, il reste que la grande majorité dudit territoire est dans le domaine privé. Ce n’est donc pas à une oligarchie d’y faire la loi par-dessus la tête des propriétaires. Le durable ne se conçoit que si le droit de propriété est garanti. Il peut se concevoir tout à fait qu’il y ait un besoin de mieux aménager, mais l’Agenda 21 ne doit pas être un prétexte à expropriation. Ni à multiplier les dépenses publiques et leur cortège d’impôts, forme trop méconnue d’expropriation.

Axe 2 : « Favoriser et susciter la participation de tous » : Soyons direct : en quoi « la participation de tous » (pas celle de chacun ? à quoi ?) serait liée au développement durable ? La liste d’actions est un gigantesque fourre-tout clientéliste. Les uns et les autres y vont de leur interprétation de ce qui est « durable », terme mal défini. Durable, vous avez dit durable ? C’est en réalité très simple, mais personne ne vous le dira : est durable ce qui découle de la décision privée responsable pleinement assumée. On en revient à garantir la propriété privée, car c’est à son niveau que sont les décisions.

Axe 3 : « Accroître la solidarité et renforcer le lien social » : Voyage au cœur du grand n’importe quoi, rhétorique des illusionnistes. Solidarité et lien social sont des termes déformés et vidés de leur sens originel. Quel rapport, même ténu, avec le développement durable, s’il vous plaît ? Comme si celui-ci pouvait se faire hors de la société, hors des « liens sociaux » et sans aucune forme de solidarité, alors qu’il en est l’expression. L’hypocrisie consiste ici à cacher que la bureaucratie a besoin de la manne financière des citoyens pour continuer à se prétendre utile. Le développement suppose l’échange et la relation sociale constante. Il suppose la solidarité par l’échange. Si un produit ou service est bon, je lui ferai l’honneur de mon achat avec en retour la joie de sa qualité et de sa pertinence. La vraie solidarité naît spontanément de l’échange libre, pas de la volonté politique arbitraire et creuse.

Friday, November 17, 2017

Economie des dictateurs sociaux

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Ce début de mars a démontré une fois de plus combien notre système social supposé le meilleur au monde comporte d’incohérences, illogismes et inefficacités. Les toulousains viennent de subir une grève de plus, celle de quelques dizaines de militants CGT et FO de la galaxie airbusienne et le bilan en est à la fois calamiteux sous l’angle économique et scandaleux sous l’angle moral.

Que des salariés mécontents de leurs salaires ou conditions de travail amènent leur employeur à négocier n’est certes pas condamnable en soi. Une demande collective pour des augmentations toujours individuelles semble par contre assez paradoxale ! En tout état de cause, bloquer ou réduire les accès aux locaux de manière sauvage à des milliers de personnes qui se rendent à leur travail quotidien, donnant ainsi lieu à des embouteillages monstres et un temps perdu inestimable, constitue un chantage inacceptable dans un « état de droit ». Dans une société évoluée, le pseudo-droit d’avoir quelques euros de plus ne saurait bafouer les droits fondamentaux de l’être humain.

Mais sommes-nous toujours dans un état de droit lorsque la violence syndicale est cautionnée par le pouvoir politique via une amnistie parlementaire ? Au pays de l’intérêt général, de quel droit une poignée de syndicalistes non représentatifs peut-elle imposer son intérêt catégoriel à la foule allant travailler en vrai ? Si la grève est à considérer comme un acte ultime de « résistance à l’oppression », un des quatre droits fondamentaux, ce droit n’est pas une caution à nier ces mêmes droits à autrui.

Si le salaire des grévistes est vraiment le plus bas de leur catégorie professionnelle, ils sont libres de trouver d’autres employeurs qui sauront reconnaître leur mérite individuel. En pratiquant la politique de la terre brûlée, obtiendront-ils satisfaction à hauteur de la nuisance portée à autrui ? Leur blocage exerce une vraie oppression envers des innocents ne pouvant rien à leur situation !

Ainsi disons pour que 200 personnes puissent gagner peut-être 250 euros de plus par an, on laisse sans broncher gaspiller sûrement largement plus de centaines de milliers d’euros par un bazar sans nom. J’entends déjà les bonnes âmes hurler à la tyrannie de l’argent ou quelque argument de ce style devant mon raisonnement strictement économique. Mais c’est oublier les arguments de droit et moraux déjà mis en avant. Même en oubliant tout ce gaspillage de ressources et les gains perdus de prospérité, qu’est-ce donc qui peut légitimement justifier de tels actes de violence morale ?

Osons une analogie. Imaginons que des actionnaires d’EADS, incluant les milliers de simples petits porteurs, manifestent et bloquent l’entrée d’Airbus à Blagnac pour réclamer une hausse du cours de l’action et du dividende. Il paraît clair qu’une majorité, à commencer par ces mêmes syndicalistes mais aussi élus et presse, se mobiliserait en criant au scandale. Pourquoi donc admettre le même comportement pour des revendications du même ordre sous prétexte de grève et syndicalisme ?

Ne nous trompons pas, il est légitime que des salariés cherchent à négocier une augmentation – en supposant qu’ils la méritent effectivement par une performance économique accrue liée à leur action mesurable. Mais la grève sincère suppose la pression sur le seul employeur, pas sur le monde extérieur. In fine, ceux en charge du respect du droit ont choisi de ne pas rappeler à ces quelques manifestants qu’ils outrepassaient leurs droits légitimes, empiétant sur le droit de libre circulation des autres citoyens. Cela en contribuant encore à l’appauvrissement général et au délitement de la société.

A quand donc la fin de cette croyance en une sociale-religion désormais dictature ? A quand le retour au bon sens d’une vie en société basée sur l’égalité juste, c’est-à-dire celle devant le droit ?

La dictature pour tous

La démocratie est devenue, dans l’inconscient et même dans les croyances collectives du monde occidental et en France en particulier, comme le seul synonyme de « liberté », comme la seule option et le seul système pouvant offrir, voire « garantir » la liberté pour un peuple ou un pays. Au point que quiconque oserait la critiquer ou la remettre en cause subirait une volée de bois vert, et cela y compris chez ceux qui se disent libéraux - qui ont comme renoncé à voir les choses comme elles sont.

Or, lors d’une discussion familiale récente, ma fille eut une expression géniale pour résumer ce que la démocratie nous propose par l’intermédiaire du vote et des élections : la dictature pour tous. Même si elle était teintée d’ironie, je ne pouvais être plus ravi de recevoir d’elle cette marque de lucidité.

Cette croyance de la démocratie « libérale » masque bien des confusions ou hypothèses non dites erronées, je propose d’en aborder quelques-unes dans ce rapide article. Pour commencer, revenons aux rois et à la monarchie qui en Europe dominait avant le traité de Versailles, il y a en gros un siècle. A l’époque, imparfaite, le roi personnifiait la fonction politique et le pouvoir absolu, du moins c’est ce que Louis XIV représente comme apogée. L’arrivée de la démocratie se voulait faire disparaître ce pouvoir avec la monarchie guillotinée.

Mais en réalité, ce n’est pas ce qui s’est passé. Les présidents, gouvernements et autres élus contemporains ont toujours le même pouvoir ; ils ont même un pouvoir souvent bien pire que beaucoup de ces rois et reines d’alors. Si les personnes sont tombées, la fonction est restée ; simplement, on vote désormais et tout le monde y a un ticket de tombola.

Seconde limite, le vote ne porte pas sur l’intégralité du « pouvoir ». Si la seule tête coupée de Louis XVI a permis d’affirmer la fin du pouvoir monarchique, les élections ne permettent pas de remplacer toutes les couches de ses nombreux successeurs. On vote pour des « élus », pour des « députés » ou pour un « président », mais on ne vote ni pour les fonctionnaires et bureaucrates, ni pour les juges. Et comme par hasard, ceux qui tiennent le destin du pays sur le long terme ne sont pas les élus.

Si on en vient au vote et aux élections, il convient d’en souligner les fortes limites et biais. Le premier tient bien sûr au choix qu’il offre – ou plutôt au non-choix. Dans une société libre, les rayons des grands magasins regorgent de choix, de variété, de nuances, de modèles et notre choix presque sans limite nous est laissé au niveau de chacun de nous. Chaque midi, des millions de gens « votent » pour décider ce que sera leur repas, et ce choix n’est pas issu d’un appareil arbitraire « constitutionnel ». A l’inverse, le vote pour un élu n’est choisi ni en nature, ni en programme, ni en personne, bref en rien.

Cela ne s’arrête pas au vote, en plus. Car on a beau élire ces chers gugusses, dans la réalité on ne leur accorde ni ne leur signe aucune délégation précise et éventuellement limitée. Ce qui fait que ces doux rigolos une fois en place font à peu près ce qu’ils veulent et surtout pas ce que nous voulons ou que nous avions pensé choisir lors de la lecture de leur programme et ensuite du vote. Promesses ?

Mais malgré cette liste déjà longue, le meilleur reste pour la fin. Car même lorsque tous les citoyens ne sont pas inscrits, même quand ceux-là ne vont pas tous voter, même quand ces votes ne dégagent pas une majorité relative, on finit toujours par voir cette pseudo « majorité » décider d’un régime ou d’un gugusse unique qui imposera sa personne et ses avanies à tous les autres.

On est donc bien dans une logique de tyrannie dès le résultat du vote prononcé. Celle où c’est une minorité auto-déclarée « majorité » qui impose son choix d’un instant à la majorité qualifiée de « minorité » pour la circonstance. Beau progrès libéral, vraiment, ça valait le coup de faire la révolution.

Le coup culturel de l’exception.

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Pour tout citoyen pas trop au fait de l’économie, il est légitime de se demander si le libre-échange est un méfait ou un bienfait pour les citoyens. Si c’est un méfait, alors il est logique de généraliser le protectionnisme à l’ensemble de l’économie. Mais si c’est un bienfait, pourquoi faire une exception économique en matière de culture ? Or le gouvernement nous refait le coup de l’exception culturelle qui n’est autre qu’un puits sans fond pour l’ensemble des français. Ahh, l’art comptant pour rien…

Au XIXe siècle pourtant, l’économiste Frédéric Bastiat expliquait déjà que « l’ouvrier n’a pas à payer le salaire de l’artiste ». Cela reste vrai : pourquoi le citoyen français du XXIème siècle devrait-il être contraint de financer l’artiste ? Si celui-ci a du talent, ses clients le rendront célèbre. S’il n’a pas de clientèle, c’est que son talent n’est pas à la hauteur : il ferait mieux d’exercer dans un autre domaine.

Le système de subventions arbitraires à la française cache le nombre d’artistes creux ou œuvres lamentables que le citoyen français finance à ses dépens. Rappelons que les subventions sont des impôts et des taxes, que par elles l’arbitraire politique détourne une partie de nos gains pour alimenter une production culturelle incertaine, incertaine parce que ne devant pas son succès à la reconnaissance du public. Plus elle est mauvaise, plus il faut de moyens financiers importants pour prétendre rivaliser avec la culture issue de la liberté, celle qui n’a pas peur de la sanction du marché.

Pourquoi la dignité d’un artiste français vaudrait-elle économiquement plus que celle d’un artiste étranger, celle d’un ouvrier, d’un ingénieur, d’une profession libérale ? Au point de justifier prendre à ces derniers pour donner au premier ? Une société moderne doit-elle continuer à vivre par et dans l’arbitraire au point de refuser avant tout de valoriser les talents via le marché, comme il est naturel ?

Sans l’arbitraire de la main du politicien, le marché reconnaît le talent, c’est une de ses qualités. En quoi l’homme politique serait-il plus apte que les citoyens ensemble pour décider du juste prix de la rémunération de l’artiste ? Comment l’artiste peut-il savoir son talent si ses spectacles sont faussés ?

Certes, la masse sans talent s’en réjouit, la connivence avec le pouvoir leur assurant des ressources au-delà de leurs espérances et de leur mérite. Protéger des pseudo-artistes parce que proches du pouvoir n’est pas digne de la démocratie. Pourquoi un tel privilège ? N’oublions pas que les pouvoirs totalitaires sont ceux ayant développé la propagande en faisant de l’art un outil d’endoctrinement.

Cette proximité entre pouvoir politique et faux artistes se fait évidemment au détriment des citoyens puisque tout protectionnisme bafoue les droits de l’homme par les taxes et les subventions. Par le dirigisme, l’exception culturelle limite la diversité culturelle : ceux qui n’œuvrent pas dans le cadre du moule étatique sont vite évincés du système d’aides. Uniformité et raréfaction. Le financement hors marché de l’exception culturelle augmente des prix qui sont faux par nature. Les citoyens subissent une triple peine : double peine économique (fiscalité et prix élevés) plus culture de propagande.

L’exception culturelle est un mirage : en réalité, l’art, la culture n’est qu’une marchandise comme une autre. Seul le marché est en mesure de choisir les talents, en tous domaines. L’interventionnisme politique inapte doit être dorénavant rangé au musée des horreurs économiques. La culture gagnera en qualité par l’abandon du protectionnisme pourtant largement en vogue. Seule la liberté des artistes et des financements comme le mécénat permet un marché offensif où les meilleurs osent la création. Le talent artistique mérite mieux que l’aumône politique et la protection des minables.

Wednesday, November 15, 2017

A l’ESS, rien de nouveau

(Article originalement publié en 2013 pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité en matière économique.)

Je fais partie de ces êtres humains qui adorent l’innovation. Aussi lorsque qu’il y a peu un journal publie sous ce titre : « pour un nouveau modèle économique », l’intérêt s‘empare de moi avec beaucoup de… scepticisme ! Car il n’y a en réalité jamais rien de nouveau, c’est toujours un toilettage d’une fausse théorie d’économie collectiviste. C’est juste le vocabulaire qui est renouvelé : au lieu de dire « économie socialiste » ou « économie communiste », il est à la mode aujourd’hui de parler « d’économie alternative » ou « d’économie sociale et solidaire (ESS) ». Et une fois de plus, bingo !

Le principe commun, même s’ils s’en défendent, c’est toujours de taper dans les caisses d’argent dit public, cet argent ponctionné sur l’économie « traditionnelle ». L’économie traditionnelle, la seule, la vraie, c'est la nôtre. Celle qui se doit de créer de la valeur nouvelle pour pouvoir rémunérer salariés et actionnaires et qui, en plus, doit financer tout le secteur improductif, y compris l’état, qui ose se comptabiliser dans le PIB. Le comble, c’est que cette ESS qui toujours vit sur le dos des autres, veut faire croire que sans elle, ces autres ne seraient rien ! C’est en constatant la proximité systématique de l’ESS avec le pouvoir politique qu’on touche la réalité du doigt, celui qui a l’habitude de lever tant et plus d’impôts et de taxes n’est jamais bien loin. Et notre interviewé de citer dans l’article, le président de région et le maire de Toulouse, bien généreux avec l’argent pris sur le dos des autres.

Et il prétend inventer un « nouveau modèle économique ». Futur Nobel ? Au minimum, pour un nouveau modèle bénéficiant des « mêmes avantages que les entreprises classiques ». Il explique qu’une entreprise classique trouve des fonds, mais pas « une Scop car ils ne peuvent pas valoriser le capital de la société ». Car nul, peut-être ? Et de se plaindre que « les idées reçues ont la vie dure ». En effet, l’économie a des lois. Avec de tels arguments, que « les banques restent convaincues d’avoir affaire à des baba-cools » n’est pas une surprise. Notre économiste n’est guère plus qu’un apprenti. Il avoue faire du « lobbying sur la loi » avec l’ESS : vue l’incompétence qui règne au gouvernement et à l’assemblée, Angela Merkel n’est pas la seule à vraiment être inquiète pour l’économie française.

Car dans tous ses propos, on ne trouve absolument rien de bien innovant pour créer de l’emploi et surtout de la valeur. Le pauvre, il est dans la plainte : « si les entreprises sociales ne sont pas autant considérées que les sociétés conventionnelles, qu’elles aient au moins les mêmes outils pour se battre » … par contre, il oublie de réclamer le même niveau d’imposition que les entreprises conventionnelles. Facile de vouloir le beurre et l’argent du beurre : la crémière en prime ?

Surtout, il a lancé la phrase qui tue, reprise en sous-titre : « une économie uniquement basée sur la croissance et le profit va droit dans le mur ». C’est sûr qu’avec le massacre de l’économie traditionnelle à coup d’endettement public, d’impôts et de taxes, il ne risque pas grand-chose à dire une telle ineptie. On peut certes voir que ce niveau de fiscalité permet de laisser l’illusion que l’ESS soit un marché viable. Mais ce qu’on ne voit pas ce sont les perfusions redistributives et les destructions d’entreprises classiques et emplois associés qu’il en coûte pour financer la chimère.

Tant qu’en France le pouvoir politique interviendra dans l’économie, nous nous enfoncerons inéluctablement dans le marasme et plus de misère. L’économie a ses lois que l’ESS ne changera pas. Et pourtant, il y a plus de 160 ans, l’économiste Frédéric BASTIAT dénonçait déjà le comportement de tels fantaisistes : « Ce que je leur conteste, ce n’est pas le droit d’inventer des combinaisons sociales, de les propager, de les conseiller, de les expérimenter sur eux-mêmes, à leurs frais et risques ; mais bien le droit de nous les imposer par la Loi. » Faisons donc l’économie du social solidaire…

Baisser les chiffres du chômage ? Facile !

(Article originalement publié en 2013 pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité en matière économico-politique.)

Il était une fois un président normal répétant à l’envi qu’il allait faire reculer les chiffres du chômage avant la fin de l’année. Personne n’y croyait : nouvel adepte de la méthode Coué ? Tout le monde sûrement se trompait. Car un socialiste, surtout lorsqu’il est énarque, est capable de tout, c’est même sa spécialité. Manipuler les chiffres, c’est son fort. Etre honnête, c’est une autre histoire.

Bien sûr, le véritable objectif devrait être l’augmentation de l’offre d’emploi dans le secteur privé. Mais notez bien, l’engagement ne porte que sur « faire baisser les chiffres du chômage ». Donc ce sont les chiffres qui baisseront, pas le nombre de sans-emploi. Pour faire baisser les chiffres du chômage sur une courte durée, l’homme politique dispose de diverses astuces dans sa boite à outils.

La première consiste à laisser filer les fermetures d’entreprises avec bon espoir que cela se tasse. Et puis un coup de pouce et la tendance s’inversera. Au besoin, on prend des mesures administratives pour aider. A cet instant, cette première phase, avec les gesticulations de rigueur, se déroule comme prévu : les niveaux record sont dépassés de mois en mois et le rebond artificiel se rapproche.

Ensuite viennent les contrôles accrus sur les demandeurs d’emplois pour les rayer des listes. Bien sûr, ces chômeurs radiés réapparaîtront plus ou moins rapidement. Cette pratique, éphémère et trop visible pour être mise en œuvre à large échelle, trouve ses limites. Mais il n’y a pas de petit profit.

Vient alors l’idée d’occuper les demandeurs d’emploi comptabilisés dans les chiffres du chômage. Ils sortent ainsi des statistiques quelques mois sans pour autant retrouver un véritable emploi. Là, on est dans le bricolage : on aide temporairement dans le secteur public avec des boulots inutiles les non-qualifiés ou sans diplôme. L’atelier bricolage se termine en offrant, détournant ainsi l’argent de la formation professionnelle, une « formation » aux chômeurs, rendue inutile par une durée réduite.

Puis on comble l’écart de salaire qui existerait entre une offre d’emploi et celui, plus élevé, du marché de l’emploi hors chômage. Ainsi l’Etat, toujours très généreux avec l’argent des autres, aidera l’entreprise à compléter le salaire. Je vous laisse imaginer ce que cela peut entraîner : pour être augmenté, devenez chômeur ! Si si, le roi, pardon, le président des bricoleurs a évoqué cette piste.

Enfin, une astuce qui ne coûte rien, car elle se produit spontanément : ne rien faire pour retenir les jeunes qui partent à l’étranger. Ils paient peu d’impôts, et c’est surtout des chômeurs en moins.

Je ne développerai pas tous les effets pervers de ces mesures à moyen et long terme : on se doute bien que si cela fonctionnait, il y a belle lurette que le chômage ne serait plus. Peu importe, la boîte à outils du président-bricoleur sera utilisée à plein pour faire baisser les chiffres, mais que les chiffres. Donner un peu d’espoir vaut bien quelques tripatouillages sans lendemain. Belle ambition, non ?

Il n’y a qu’une chose qui devrait mériter attention : les conditions du développement économique. Or désormais en France, elles n’existent plus. L’utopie collective du social est privilégiée à la richesse du potentiel apporté par chacun. Nous voulons le beurre et l’argent du beurre sans faire l’effort de traire la vache. Ça ne peut qu’échouer. Grâce à notre argent, l’État s’est érigé en prestataire de services, mais il butte sur la réalité économique : il détruit toujours plus de valeur qu’il n’en crée...

Mais ce n’est pas grave, car les chiffres du chômage vont baisser ! Promesse sera tenue ! Attention, comme Perrette dans la fable, l’histoire se termine par adieu, veau, vache, cochon, couvée…

Tuesday, November 14, 2017

La propriété privée rendue publique ?

On pourrait penser qu’un concept aussi ancien et omniprésent dans nos vies que la propriété privée serait clair et limpide pour tout le monde ; diverses conversations récentes me montrent que non.

Il me semble que dans la plupart des esprits, la propriété privée est plutôt associée au concept de possession : « je suis propriétaire de ma maison » reviens au même que « je possède ma maison ».

Même si dans le langage courant c’est effectivement assez proche pour ne pas poser question, il en va autrement quand on cherche à mieux comprendre le libéralisme et sa théorie sous-jacente.

Il faut alors commencer par se souvenir que la liberté repose sur une théorie du droit individuel, lequel peut être matérialisé dans les nombreux contrats qui lient chaque individu avec ses relations, son « monde extérieur », sa « société civile », ainsi que ses assureurs et agences de protection.

Or la propriété privée est par nature un droit, c’est même le seul type de droit de base. Un droit définit ce qu’une personne peut légitimement faire ou pas d’une chose, d’une « ressource ». La propriété n’est donc pas une simple possession, comme dans « j’ai une tomate », mais une légitimité à contrôler, à décider ce que l’individu peut faire de cette tomate. Elle sert non pas comme base de la comptabilisation d’un inventaire de possessions, mais comme base de l’action (décision) humaine.

Grâce à cette caractéristique, elle peut être la base des contrats – elle est même la seule. La seule, parce qu’un contrat, cela établit qui des contractants échangera quels droits sur quelles ressources, à quels moments et à quelles conditions, c’est-à-dire quels échanges de légitimité à décider de quoi faire desdites ressources : c’est la propriété même, elle n’est rien d’autre. On me dira qu’un contrat peut être parfois plus que cela : mais un contrat qui ne reposerait pas sur la propriété ne permettrait pas de se prémunir de la possibilité de vol et de toutes les formes de fraude qui sont de cette nature.

Ainsi définie, la propriété peut porter sur notre propre corps : je suis propriétaire de mon corps en ce sens que je suis son exclusif décideur ou acteur légitime. Et bien sûr me blesser ou me prendre un organe ou un membre serait une violation de ce droit exclusif. Et elle résulte de mon travail : ce que j’ai fait d’une ressource avec mon corps est ma propriété puisque le produit de ma décision d’action.

Au-delà, la propriété privée est très liée aux points fondamentaux de toute la théorie libérale que sont « les deux axiomatiques ». La première, celle de l’argumentation, découverte par H-H. Hoppe, établit le caractère incontestable de la propriété de soi comme produit de nos échanges verbaux avec autrui.
Chaque fois que je discute avec vous, et vous avec moi en retour, votre acceptation de la discussion suppose sans esquive votre reconnaissance de ma maîtrise sur moi-même pour discuter. Les relations sociales, même justes verbales, ne peuvent se faire sans reconnaître l’autre comme propriétaire de lui-même – et à l’inverse sans qu’il nous reconnaisse comme notre propriétaire. Par extension, les relations sociales « normales » posent le respect d’autrui, c’est-à-dire de ce qui est communément appelé le principe de non-agression, qui fonde toute l’éthique sociale libérale.

Enfin, cette propriété permet de poser les bases de l’axiomatique de l’action qui fonde tout le pan économique de la théorie libérale. Décider d’une action sur moi devient possible, j’en ai le droit.

Pour résumer, il est important de bien voir que le concept de propriété privée qui est au cœur de la doctrine libérale traite de ce qu’on pourrait appeler la gouvernance sociale et non de la possession. C’est d’ailleurs là tout le sujet même de la liberté : la liberté, c’est avoir le droit de décider pour soi.

Economie de la culture : inculture économique !

(Article originalement publié en 2013 pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, il garde toute son actualité en matière politique.)

On ne mariera pas un artiste indépendant avec la chargée de la culture de la mairie de Toulouse. Les Chevaliers du Fiel, parmi les plus connus, sont si appréciés d’une municipalité qui les ignore depuis toujours qu’ils interpellent : « Sommes-nous trop populaires pour les élus du peuple de Toulouse ? » Nul n’est prophète en son pays… Combien d’autres prétendus artistes, politiquement plus corrects mais beaucoup moins célèbres aussi, bénéficient de largesses municipales qui laissent songeur ?

Il faut dire que depuis qu’André Malraux a eu l’idée saugrenue d’un ministère de la culture, puis qu’un certain Jack lui a donné un coup de peinture, la culture est devenue comme la flamme olympique de l’exécutif en ce pays riche d’histoire mais pauvre de culture … économique. Passons sur le scandale de l’assurance chômage des « intermittents du spectacle », profitant d’un système où plus d’argent sort qu’il n’entre : quel bonheur d’être un « artiste déclaré » au talent ignoré de tous !

Pourtant, que de chefs d’œuvre produits en ce pays au court des âges, sans ministre de la culture ! Et combien d’horreurs produites et d’œuvres ineptes financées depuis que la culture est devenue un sujet ministériel sans ménestrel ! Et qui ne laisseront aucun souvenir dans l’avenir culturel. Le Phare à Tournefeuille, devenu salle polyvalente, est un excellent exemple, comme le machin du rond point de la Barrière de Paris et celui à l’entrée de l’avenue Edouard Belin à Toulouse en sont d’autres.

La culture est gorgée de subventions au point d’être devenue un sport pratiqué par tout élu. C’est à celui qui aura le meilleur nez à découvrir du talent parmi les « artistes » locaux en les « soutenant » financièrement dans l’adversité de l’insuccès. On aime bien les artistes sans grand succès chez les élus, qui les utilisent pour asseoir leur pouvoir. Cela s’apparente plus à un système de manipulation au service d’une propagande politique plutôt qu’à une véritable reconnaissance artistique.

Et puis, contrairement à certaines vedettes, les médiocres ne sont pas « riches », ils ne s’affichent pas avec leur « argent », ça fait plus pitié et ça valorise l’élu généreux de l’argent des autres. Surtout, ces « artistes » étant moyens, ils sont dépendants : les soutenir, c’est les tenir, et tenir leur opinion…

Car les subventions ne sont autres qu’un détournement de l’argent du contribuable, et non celui des élus en propre. Or le peuple dispose déjà du meilleur des mécanismes d’appréciation de l’art des artistes. Il l’utilise largement, signifiant aux Chevaliers du Fiel qu’il est heureux de venir les voir, eux qui ne sont sous perfusion. Ce mécanisme, c’est le marché des billets de spectacles ou expositions. Chaque fois qu’un Toulousain achète un billet, il vote pour son artiste préféré(e), pas pour les autres. C’est dur pour les moins bons ? Pas si sûr. C’est un signal pour eux que leur véritable avenir n’est pas là où ils le croient – ils ont alors la possibilité de se perfectionner ou de changer d’orientation.

Pourquoi faudrait-il que les artistes soient subventionnés ? Pourquoi faudrait-il ainsi détourner de l’argent vers eux plutôt que vers d’autres ? Pourquoi faudrait-il financer salle de spectacle après salle des fêtes quand on n’arrive pas à rentabiliser les salles existantes ? A ce propos, à Toulouse, il y a la preuve qu’une activité privée culturelle fonctionne. L’histoire du Bikini avant AZF puis après est parlante, même si la chronique ici ne suffit pas à expliquer la perversité de l’action politique.

L’histoire le montre, les autres pays aussi, la culture n’a pas besoin d’un ministère ni d’adjoint(e) au maire pour prospérer et se développer. La culture vit chaque jour autour de nous. Comme toutes les activités sociales, elle est de nature économique, le beau et rare devenant cher et le nul ou laid restant aux premiers prix ou disparaissant. En matière de culture comme pour tant d’autres sujets, c’est le libre choix des citoyens, donc le marché et non les gouvernements politiques par oppression fiscale, qui seul peut assurer l’émergence de la qualité et le talent reconnu du plus grand nombre.

Monday, November 13, 2017

BPI : la Banque des Parasites Incorrigibles !

(Article originalement publié en 2013 pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, il garde toute son actualité en matière économique.)

Si une banque publique était la solution pour retrouver de la compétitivité, cela se saurait depuis longtemps et de nombreux pays capitalistes auraient utilisé le filon. Les hommes politiques français ont ce génie d’arriver à faire croire que l’interventionnisme est utile à l’économie ! Aujourd’hui, le niveau de ponction fiscale sur les entreprises et les citoyens ne permet plus au secteur privé, donc à la vraie richesse, de se développer. C’est bien plus qu’une simple crise que nous affrontons : c’est la fin du système social-démocrate qui survient après la fin du modèle communiste. Les deux ont eu comme prétention de modeler l’homme en le menant vers la misère par l’abus de pouvoir dirigiste.

Notre pays ne sait plus ce qu’est l’économie : la politique a sombré depuis de nombreuses années dans le mercantilisme, au seul profit d’une « élite » qui ne mérite pas son nom. Le contrat social qui unirait les français à ce supposé état de droit associé au triptyque « liberté, égalité, fraternité » est rompu depuis belle lurette. L’idée d’aider financièrement les entreprises reste très tentant, mais il y a pourtant bien plus efficace : éviter de les taxer et de les imposer. Car l’argent qui passe par les mains de l’homme politique, qui se sert au passage, n’est que ponctions et redistributions arbitraires, orchestrées par une administration qui tient plus du système mafieux que de l’organisation au service de « l’intérêt général ». C’est à celui qui en obtiendra le plus au détriment de l’autre.

Les créations d’entreprises sont aujourd’hui bien inférieures aux fermetures. Celles qui se créent sont faiblement capitalisées et ont bien du mal à survivre. Il ne suffit pas de sombrer dans l’incantation de la croissance pour que celle-ci se profile. L’effet pervers des aides publiques est un piège qui se referme sur la totalité des entreprises. L’état est ainsi le prédateur des entreprises qui se portent bien tout en entretenant celles qui vont mal. Pourquoi ne pas laisser celles qui se portent bien se porter mieux ? Et celles qui vont mal s’adapter seules à leur environnement ou disparaître pour le plus grand bien des autres ? Ne serait-ce pas à la fois plus moral et plus efficace ? Si, bien sûr.

La Banque Publique d’Investissement (BPI), c’est (annoncé) 20 milliards d’euros, soit environ 2% de la valeur ajoutée annuelle. Ce montant, pour un état en déficit obligé d’emprunter pour finir ses fins de mois, c’est 20 milliards de trop. Surtout lorsqu’on constate que les premières entreprises qui ont bénéficié de l’aide, dite CICE (Crédit d’impôt emploi compétitivité), l’utilisent plus à fin de trésorerie et donc de survie. Oui, vous lisez bien : les entreprises sont aidées par l’état pour payer moins d’impôts afin de survivre !!! Merci M. l’Etat de me rendre un petit peu de ce que vous m’avez volé ! Ainsi l’entrepreneur n’est plus valorisé pour la qualité de son modèle économique et l’ampleur de sa valeur ajoutée, mais pour sa capacité à survivre aux prélèvements grâce à d’autres prélèvements.

On pouvait penser qu’en associant « investissement » à « banque publique », les financements se seraient tournés vers des projets innovants, mobilisant des moyens économiques conséquents sur du moyen et long terme. Or à l’heure où j’écris ces lignes, la BPI a déjà aidé près de 2 700 entreprises pour un montant de 488 millions d’euros en 3 mois, soit moins de 200 000 euros de moyenne. Nous sommes donc dans l’urgence, le saupoudrage et le court terme, pas dans la stratégie. Surtout, cela annonce les prochaines difficultés à venir pour le bateau « France ». Et met en exergue l’abus de pouvoir lié aux missions que prétend remplir l’État : son intervention dans le domaine économique est fondamentalement illégitime et nuisible. Car l’Etat n’a jamais collecté autant d’argent : si son intervention était la solution, la crise n’existerait pas. Le niveau de la fiscalité est donc bien le problème, que la BPI ne fait que renforcer. Elle n’est sûrement pas la réponse à la crise.

Friday, November 10, 2017

Bœuf au Cheval – Droite à la Gauche

Le texte ci-dessous fut écrit il y a quelques années alors que la presse avait trouvé un autre de ces micro-scandales industriels, utile pour blâmer le capitalisme et lui éviter de faire la lumière sur les scandales bien pires qui font le quotidien du microcosme politico-étatico-médiatique. Je vous propose de le remettre au goût du jour et ainsi de vous délecter en imaginant non plus du cheval à la place du bœuf dans des lasagnes industrielles, mais du gauchisme là où se présente la droite au sein de l’industrie politicienne et de ses méandres réglementaires nationaux et européens. Bon appétit !

Vous connaissez sûrement la pub de Findus. Aujourd’hui, appliquons-la à nos chers politiques qui réagissent dans l’espoir d’une illusion d’empathie, mais surtout parce que des catastrophes s’entassent pour lesquelles ils cherchent diversion. S’ils étaient aussi exigeants envers eux-mêmes, ils travailleraient sans relâche, vu l’état des comptes publics. Voilà un vrai scandale, bien plus important que celui des plats industriels. On voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien.

Car a priori, cette affaire n’est pas un problème sanitaire : aucune intoxication ; ni personne venant reprocher au goût d’être celui du cheval. Les enjeux sont donc dérisoires. Il est à regretter que les consommateurs de ces plats vaguement cuisinés n’aient pas le palais suffisamment fin pour faire la différence, mais peu importe. Même si préparer des lasagnes fraîches avec de la viande d’origine sûre ne prend qu’une vingtaine de minutes pour un budget inférieur, acheter ces produits tient du libre choix, respectons-le. Ceux qui consomment de tels plats peuvent légitimement réclamer du bœuf et non du cheval si sur l’emballage il est mentionné « bœuf », pourtant souvent de la vache.

Mais revenons à la chaîne de fabrication. Vu le nombre d’intermédiaires, pour que ces lasagnes industrielles soient dans l’assiette à un prix acceptable, il faut que les quantités préparées soient très conséquentes pour compenser les faibles marges tout en rémunérant tous les acteurs, dont les salariés de ces entreprises. Ne doutons pas un seul instant de leur professionnalisme. D’ailleurs, d’ordinaire, tout va très bien, tout fonctionne. L’industrie alimentaire nourrit la planète chaque jour.

Ce n’est pas parce quelques pieds nickelés sans scrupule font une entourloupe qui relève de la protection et de la responsabilité de la marque vis-à-vis de ses clients que la vie doit s’arrêter. Le préjudice potentiel d’une marque est un gage de confiance pour les consommateurs supérieur en efficacité à tout arsenal législatif promis comme suite aux cris d’orfraies de nos politiques.

Car, crime de lèse-majesté, ce n’est pas au pays de la gastronomie que la tricherie a été découverte, mais chez la perfide Albion. Pire que tout, les sociétés d’approvisionnement et de fabrication sont en France. Certains découvrent que le marché de la viande en gros est soumis à des traders, anglicisme signifiant simplement « négociants sur les marchés ». Et nos politiciens de s’exclamer que « c’est un système complexe de commercialisation » et que « si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problème ». S’agissant de complexité, à la lumière des cinq étages de la bureaucratie française et de la myriade d’agences nationales avec l’oppression fiscale que cela entraîne, ils nous démontrent leur inconséquence et leur mauvaise foi.

Certains ont déjà émis l’idée d’une production exclusivement d’origine française. Or l’usine de production alimentant de nombreux autres pays… ceux-ci pourraient bien dire la même chose : produisons chez nous ! Pire, les plats industriels entièrement préparés en France devenus non compétitifs, qui les achètera ? Pense-t-on aux salariés qui travaillent dans cette filière ? Ce n’est pas la complexité du circuit qui menace la qualité des produits ou l’emploi, mais le niveau des frais fixes.

Et aujourd’hui, le poids des charges, impôts et taxes condamnent la totalité des sociétés françaises. L’Etat français, faute de courage politique mais aussi de compréhension économique, entraîne tout son peuple vers une faillite collective. Mais ce ne sera jamais la faute de nos tocards qui sauront toujours nous trouver un bouc-émissaire. Trouver des contrevenants et en tirer des lois sans valeur sociétale, c’est leur fonds de commerce ! Là où l’industrie vit du labeur, les tocards vivent de la peur.

(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)

Les Transgenres

Depuis quelques mois, les médias au service des politiciens ont trouvé un autre os à ronger pour distraire le public des vrais sujets de société, j’ai nommé le genrisme et ses produits dérivés que sont les transgenres. Je n’ai pas les chiffres mais peu importe, on fait cas d’un épiphénomène qui ne doit concerner – et heureusement – qu’une minorité infime de la population, probablement moins encore que les politiciens honnêtes, c’est dire si ça vaut la peine d’en faire des gros titres.

Les transgenres sont avant tout un sujet de liberté qui ne devrait même pas se faire entendre si nos oreilles étaient habituées à ladite liberté. J’entends par là que si un individu – ou « une » – ressent le besoin impérieux de se faire opérer pour changer de sexe et le finance par soi-même, on ne devrait en premier lieu que se réjouir des progrès que la médecine et la baisse des coûts fruit du capitalisme ont rendu possibles et des champs nouveaux de liberté ainsi apportés aux personnes faisant ce choix.

A cet égard, les transgenres sont une facette nouvelle du phénomène plus profond et bien plus riche du transhumanisme, qui explore le champ potentiellement infini de l’amélioration, voire de la transformation du corps humain – dans les années 70, « l’Homme qui valait 3 milliards » nous en avait donné une vague idée « bio-ionique » bien modeste, mais néanmoins qui déjà posait question.

Même si elles peuvent choquer, et trouveront toujours quelqu’un à choquer, ces transformations individuelles n’ont pas à nous interpeller. Après tout, quand les médecins se sont lancés et ont réussi les greffes, d’organes, puis de membres, fallait-il les interdire sous couvert de transformations et même de transferts choquants et ainsi ne pas sauver ou offrir de nouvelles vies aux bénéficiaires ?

En revanche, la manière dont les « penseurs » – ou faut-il écrire « panseurs » ? – s’approprient les transgenres pour en faire une normalité, un exemple, une chose désirable et honorable, cela est bien plus inquiétant et suspect. Car il faut bien le dire, ce n’est pas parce qu’il est légitime pour quiconque de faire de son corps ce que bon lui semble qu’il faut à l’inverse faire de la foule des gens ordinaires autant de monstres de normalité. Il faut le dire haut et fort, l’immense majorité des gens ne sont pas, n’ont pas envie et sont heureux et fiers d’être et de rester des hommes et des femmes, et il n’est pas question de laisser les intellectuels « de gauche » leur insuffler la moindre honte à cet égard.

La honte en matière de transgenre devrait se retourner contre les médias et politiciens qui, tout en respectant pleinement ceux qui font ce choix, devraient en même temps en reconnaître la non-normalité. Gageons que l’option inverse prise sous nos yeux est l’expression une fois encore de cette tendance malsaine à culpabiliser tous les piliers de la société traditionnelle et naturellement libre.

Thursday, November 9, 2017

Avoir ou ne pas avoir les boules (de Noël)

Comme tous les ans désormais, c’est de tradition pour Noël, Paris, Toulouse et presque toutes les villes de France se décorent. Chaque année repousse les précédentes dans la débauche de lumières, arbres enguirlandés et autres suspentes dont les multiples couleurs transforment la ville en une cité digne des Milles et Une Nuits. Seul le capitalisme permet une telle abondance, ne l’oublions pas.

Il n’est pas question ici de discuter de l’esthétique de toutes ces lumières indéniablement de plus en plus enjoliveuses au fil des ans. Mais alors que la crise bat son plein, comment éviter la question du bien-fondé des dépenses engagées en comptabilité publique pour ces fioritures ? Dans une France première destination touristique mondiale, certains ne manqueront pas de m’opposer que les villes de France, Paris la première, doivent s’embellir à l’approche des fêtes de fin d’année, car cela contribuerait à maintenir notre rang et celui des affaires. D’autres avanceront simplement que ces décorations sont positives pour la gaieté collective et donc une bonne chose. Ce n’est pas le sujet.

Bien des pseudo-économistes considèrent qu’il existerait des « biens publics » qui, comme les décorations de fin d’année, ne pourraient exister que grâce à la commande publique, au nom d’un pseudo-intérêt général. Hélas, rien n’est plus faux, cela pour des raisons à la fois économiques et morales. Car ces décorations coûtent des sommes rondelettes au contribuable à travers les impôts locaux. La question est simple : si ces décorations n’étaient pas financées par la municipalité, verrait-on ces dépenses engagées par le privé ? Si les parisiens avaient leur mot à dire, financeraient-ils une telle débauche de lumières ? Ainsi Paris pourrait-elle être décorée et embellie – avec modération – sans l’arbitraire du public ? Et est-il d’ailleurs socialement une bonne chose que Paris soit décorée ?

La caractéristique de ce genre de question, c’est que personne, ni le ou la maire ni tout autre individu, ne peut la régler de manière définitive. Personne ne peut prétendre légitimement trancher, que ce soit en faveur ou contre les décorations. Dire qu’elles constituent un bien public, c’est déjà poser a priori une utilité collective et supposer que cette « utilité » arbitraire est supérieure au prix supporté par les contribuables. Or qui peut bien mesurer une telle utilité si ce n’est chacun de nous selon son propre point de vue ? Le concept d’utilité ou de bien public nie la réalité : seul un individu sait ce qui est mieux pour lui. Le politicien devrait-il son élection à ses compétences en décoration ?

Pourtant l’homme au cours des âges a su mettre en place, sans même en avoir conscience, un mécanisme universel redoutablement efficace pour résoudre de tels problèmes : le laissez-faire. Décorer Paris serait un moyen d’attirer le chaland dans les rues à Noël ? Parfait. Dans ce cas, pourquoi ne pas laisser les commerçants du centre-ville se cotiser et financer ces décorations qui leur apportent des clients ? Vous aimez profiter des décorations ? Parfait. Je suggère alors de créer l’association « Lumières des Champs » pour récolter vos dons et directement les financer. Là encore, laissons libres ceux qui y voient un intérêt, forcément particulier, et ne prenons pas de force par l’impôt dans la poche des autres, que ces autres puissent ou non avoir les capacités de payer.

Et si personne ne finance ? Eh bien c’est que l’intérêt des illuminations n’est pas aussi clair que cela. Et dans ce cas, on aura évité des dépenses superflues et réduit les impôts, c’est-à-dire le vol public. Contrairement à l’approche « bien public », le laissez-faire a donc deux avantages sociaux majeurs : il ne vole pas les citoyens à « l’insu de leur plein gré » et il assure que les dépenses ne sont engagées que par ceux qui y voient un intérêt… et dans la limite du budget qu’ils consentent à engager. Dire que nous savons tout cela depuis l’époque des… Lumières, nées en France…

(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)

L’aide alimentaire, source de famine

Certains sujets connaissent des périodes de succès, puis replongent dans l’oubli, au gré des humeurs des « médias » et des enjeux politiciens. Parmi ceux-là, « l’aide alimentaire » est un de ces thèmes teintés de bonté apparente qui perdurent dans les croyances populaires. Les bonnes âmes (il y en aurait dans ce bas monde « libéral » ?) voient ainsi très positivement les programmes étatiques d’aides aux « plus démunis » et se lèvent au moindre signe de leur éventuelle menace d’abandon.

Qu’elle soit alimentaire ou au développement, l’aide est un des symboles de l’activisme socialiste. Certes, l’aide cristallise diverses formes de générosité primaire et preuves de bonne volonté. En effet, comment être opposé à l’aide aux pauvres ou à ceux qui ont faim ? Seuls nous autres monstres libéraux trouvons à redire à cette démarche altruiste. Mais est-ce vraiment altruiste ? Venant de gens vivant si généreusement de l’argent des autres, cela prend plutôt des airs de schizophrénie.

Le libéral que je suis ne peut en l’occurrence que crier au scandale moral et économique, car l’aide alimentaire est une hérésie qui va à l’encontre de ses belles apparences. Voyons pourquoi. Aider son prochain est une belle et noble action, mais à condition d’être volontaire. Il n’est pas question de contester la valeur morale de l’aide spontanée. Ni l’action des nombreuses associations qui viennent au secours des pauvres et démunis véritables. Ce n’est absolument pas de cela qu’il s’agit ici.

En revanche, l’aide « financière » par les états ou par l’Europe est d’une toute autre nature. Ce sont des fonds venant d’impôts et de taxes soutirés sans consentement, ce qui s’oppose à nos dons spontanés directement versés aux associations caritatives. Voilà une grosse différence. Une part de nos impôts servirait donc – qu’en est-il vraiment ? – à nourrir gratuitement une masse grandissante de gens sans notre avis, à nos dépens donc. On prend par spoliation à Paul pour donner à Pierre, sans trop faire cas des conséquences sur Paul ni de la bonne foi de Pierre. Quels circuits prennent ces aides ? Qui juge des montants, comment les distribuer et à qui ? Qui se sert au passage ?

Voilà pour la « moralité » de la redistribution imposée, mais il y a pire. Car l’aide alimentaire prise sur l’impôt conduit in fine à l’inverse de son objectif : elle affame au lieu de nourrir. Comment cela ? C’est assez simple. En premier, l’argent prélevé sur les contribuables est autant que ceux-ci ne peuvent investir dans l’économie – la vraie. Les millions donnés par force à l’aide supposée sont autant de millions perdus pour la création et le développement d’entreprises. En cascade, autant d’emplois et de richesse pour tous de perdus. Toute forme d’impôt appauvrit collectivement.

Ensuite, et pire à long terme, les aides avilissent. Les aidés prennent l’habitude d’être aidés : avez-vous vu les chiffres de l’aide alimentaire baisser ? Celui qui accepte un repas gratuit est incité à l’accepter encore si le système lui permet. C’est le même phénomène pour toute forme d’aide.

Enfin, l’aide prolongée fausse le marché de l’alimentation. Les personnes ayant véritablement peu de moyens créent en temps normal une demande sur le marché pour des repas peu chers. Cette demande, si elle est tangible, finit immanquablement par amener à une offre correspondante. C’est la simple loi de l’offre et de la demande dont la logique semble échapper aux esprits socialisants.

Mais lorsque de manière durable, il est mis sur le marché des repas gratuits en grande quantité, cette manne constitue une concurrence biaisée envers les quelques restaurateurs envisageant de se lancer sur ce marché du repas bon marché. Bientôt, cette offre fait faillite, se réoriente ou disparaît, faute de capacité à générer suffisamment de profits. Les quelques personnes qui profitaient de ces repas à petit prix finissent par ne plus trouver d’adresses accessibles et par ne pouvoir faire autrement que de venir elles aussi grossir les rangs des personnes dépendant de l’aide alimentaire.

Il en va ainsi de l’aide alimentaire comme de toutes les formes d’aide imposée. Que les socialistes le veuillent ou non, l’économie a des lois qui s’imposent à eux. Une d’elles fait des aides une calamité.

(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)

Monday, October 30, 2017

Le Catalexit n’est qu’une étape

La Catalogne fait toutes les unes ces derniers jours. Il faut dire que depuis 18 mois, on avait cru que la vague de soubresauts post-Brexit était terminée et que tout en Europe était gentiment revenu à la normale, c’est-à-dire de retour sur le long chemin de la prise du pouvoir par les ‘hauts technocrates’.

Mais voilà que quelques gauchistes catalans en mal de bruit et de célébrité fugace viennent remettre le couvert en déclarant l’indépendance d’une région à forte identité et à langue spécifique, qui n’a cessé de pousser plus ou moins fort et régulièrement à la porte de la sortie depuis des décennies.

Et le fait que cet événement suit un scénario rocambolesque a abouti à montrer les nombreuses facettes de la non-liberté en Europe et des nombreuses réactions de courte vue, alors que sur le fond, il ne fait pas de doute que nous sommes témoin d’un retournement très positif à terme.

Bien sûr, les étatistes et les européistes ne l’entendent pas ainsi. Pour eux, il ne faut absolument pas créer de précédent et donner des idées à d’autres régions qui, nombreuses, pensent à prendre leur autonomie. Ce serait, selon eux, mettre le projet d’une union européenne en danger, ce serait le risque d’un éclatement, alors même qu’on commençait à oublier le Brexit, l’Ecosse, l’Italie, d’autres.

Alors on a droit à tous les arguments étatistes pour critiquer ce mouvement. Tout d’abord, cela a été parce que c’était entre les mains ou à l’initiative de l’extrême gauche. Il est évident que je ne saurais me réjouir de voir la gauche gagner du terrain quelque part, mais ce n’est pas vraiment la question il me semble. Si la Catalogne devait vivre sa vie et la commencer à gauche, on peut présager que les ressources de ces vautours seraient vite bien moins riches qu’au sein de l’Espagne et de l’Europe, du fait des jeux de subventions par exemple. Mais pas seulement, puisque déjà plusieurs centaines d’entreprises ont décidé de prendre la fuite, à tort ou à raison. Mince, moins d’impôts à voler. Plus généralement, la question n’est pas celle du régime, mais de la réduction de la portée des états.

Ces entreprises qui s’envolent, c’est l’autre argument massue, celui de la crise économique. Il ne faudrait pas d’indépendance, parce que cela conduirait aussitôt à la crise économique du pays. Un argument très bizarre, puisqu’il veut dire que tout d’un coup, juste comme ça, l’ensemble de la population cesserait de travailler, vendre, agir, vaquer, parce qu’indépendante. Bizarre, non ? En réalité bien sûr, l’argument cache la menace de perte de toute une masse de subventions et autres flux financiers artificiels qui viendraient avec un état supérieur, mais qui en réalité sont pris sur la bête. On touche là à des arguments du même ordre que ceux contre le Brexit, avec autant de biais.

Certains m’ont avancé que l’indépendance est impossible car cela couperait trop de familles en deux. De nombreux catalans vivant à Madrid et d’ex-madrilènes à Barcelone, par exemple, une nouvelle frontière aurait selon eux le même effet qu’un nouveau mur de Berlin. C’est supposer que ces deux états seraient assez stupides pour fermer les frontières, ou pour contraindre brusquement les « étrangers » de chaque côté à rentrer chez « eux » - ce qui est possible, mais improbable. C’est tout aussi sot d’ailleurs que de poser comme positif a priori que tout mélange de population de facto est forcément une bonne chose qui ne doit être remise en cause sous aucun prétexte de liberté.

D’autres sont légalistes et ne jurent que par le respect aveugle des textes et autres constitutions. Ainsi, parce il y aurait un article 155 ou que sais-je qui stipule l’illégalité d’un referendum, cela serait sacré, fondé, indiscutable et rendrait impossible l’application du bon sens envers la valeur démocratique de tout referendum – digne de ce nom – quel qu’il soit ? Il est selon moi hallucinant que de prétendus défenseurs de la liberté se réfugient derrière des textes même face à des situations où la liberté de tout ou partie de la population est en jeux. Il n’est pas normal, pas moral ni légitime de mettre des critères comme le maintien de l’union plus haut que la demande de liberté.

Les mêmes souvent avaient bien moins de scrupules envers la constitution ou le régime quand il s’est agi il y a quelques années de soutenir l’indépendance du Tibet. Je suis sûr qu’on m’opposera que le Tibet n’est pas comparable car il s’agissait de fuir un méchant état communiste, alors que le Royaume d’Espagne est bien plus libéral. Faux problème. Il s’agit des peuples, des gens, pas des régimes. Le Tibet devait libérer les tibétains, en Catalogne il est normal que les catalans puissent décider chez eux, c’est aussi simple que cela. Car l’avenir est au choix, au choix des états.

La liberté ne provient pas d’une constitution x ou y, elle vient de la possibilité pour les citoyens de choisir librement leur « état ». Et plus les états sont petits, plus il y a d’états, plus ils se trouvent en concurrence parce qu’il est plus facile d’en changer et parce qu’ils sont moins puissants. Ainsi, même si ce n’est pas une garantie systématique à court terme, à long terme par contre le démantèlement des états historiques en petits pays locaux est un facteur majeur de libéralisation du monde. Alors pourquoi chercher les poux sur des détails quand la Catalogne ouvre la voie vers la liberté, demain ?

Saturday, October 28, 2017

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (Fin)

Dernière partie de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.

55:59 - <
Inutile de dire également que, pour se défendre contre le crime, qu’il s’agisse de crimes de rue ordinaires ou d’actes de terrorisme, toutes les interdictions de possession d’armes par des citoyens droits devraient être abolies.

Huit : Se débarrasser de tous les parasites et clochards.

Pour consolider ses positions, la classe dirigeante a placé la classe des marginaux au premier rang et en a fait sa source de soutien public la plus fiable.
Soi-disant pour aider les gens à sortir de « l’exclusion » pour devenir des acteurs autosuffisants, l’effet réel - et effectivement voulu - de la soi-disant « politique sociale » de l’état est exactement l’opposé.

Cela a rendu le statut « d’exclu » d’une personne plus permanent et a fait s’accroître cette classe de façon durable.
Et avec ceci bien sûr aussi le nombre de travailleurs sociaux et de thérapeutes financés par l’impôt nommés pour « aider et assister » ce groupe.
Car, en accord avec la loi économique inexorable, toute subvention accordée en raison d’un prétendu besoin ou déficience produit plus, et non moins, du problème même qu’elle est censée atténuer ou éliminer.

Ainsi, la cause profonde du statut « d’exclu » d’une personne - son faible contrôle des impulsions et sa grande préférence temporelle, c’est-à-dire son désir incontrôlé de gratification immédiate - et les diverses manifestations de cette cause - telles que le chômage permanent, la pauvreté, l’alcoolisme l’abus de drogues, la violence familiale, le divorce, les ménages menés par des femmes, les naissances hors mariage, la valse des compagnons masculins, la maltraitance d’enfants, la négligence et la petite délinquance – existent et ne sont pas atténués ni éliminés, mais systématiquement renforcés et encouragés.

Au lieu de continuer et d’étendre le désastre social, toujours plus laid, celui-ci devrait être aboli et bruyamment exigé qu’on prenne garde à l’exhortation biblique voulant que qui peut, mais ne travaille pas, ne mangera pas, et qui ne peut vraiment travailler, en raison de graves déficiences mentales ou physiques, doit être pris en charge par famille, communauté et charité volontaire.

Neuf : Retirer l’état de l’éducation.

La plupart, sinon la totalité, des pathologies sociales qui affligent l’Occident contemporain ont leur racine commune dans l’institution de « l’éducation publique ».

Lorsque les premiers pas furent faits, il y a plus de deux siècles, en Prusse, pour compléter et in fine remplacer un système éducatif alors entièrement privé par un système universel d’éducation publique obligatoire, le temps passé (NdT à l’époque) dans les écoles publiques ne dépassait pas quatre ans dans la plupart des cas.
Aujourd’hui, dans tout le monde occidental, le temps passé dans les institutions d’éducation publique est, au minimum, d’une dizaine d’années, et dans de nombreux cas, et de plus en plus, de vingt ou même de trente ans.

C’est-à-dire qu’une grande partie, voire la plus grande partie, de la vie d’une personne est passée dans des institutions financées par l’état et supervisées par l’état, dont le but premier dès l’origine n’est pas d’instruire un public instruit et éclairé, mais de former de « bons soldats » et plus tard de « bons fonctionnaires ».
Pas indépendants et matures, pas des « mündige Bürger » (citoyens adultes), mais des « Staats-Bürger » (NdT citoyens de l’état) bien subordonnés et serviles.

Le résultat ? L’endoctrinement a fonctionné : plus une personne passe de temps au sein du système d’éducation publique, plus elle est attachée aux idées d’égalitarisme de gauche et a englouti de tout cœur et intériorisé la doctrine officielle et l’objectif du politiquement correct.
En effet, et en particulier parmi les enseignants et professeurs de sciences sociales, les personnes ne se considérant pas comme faisant partie de la gauche ont pratiquement cessé d’exister.

Par conséquent, il faut exiger que le contrôle des écoles et des universités soit affranchi du gouvernement central et, dans un premier temps, qu’il soit rendu aux autorités régionales ou mieux encore locales et financées localement, puis finalement qu’il soit complètement privatisé, afin de remplacer un système d’uniformité obligatoire et de conformité par un système d’éducation décentralisée qui reflète la diversité naturelle, la multiplicité et la diversité des talents et des intérêts humains.

Et dix et dernier : Ne faites pas confiance à la politique et aux partis politiques.

Tout comme on ne peut attendre des universités et du monde académique qu’ils jouent un rôle significatif dans une stratégie libertarienne de changement social, rien n’est à espérer de la politique et des partis politiques.

Après tout, le but ultime du libertarianisme est de mettre un terme à toute politique, de placer toutes les relations interpersonnelles et tous les conflits sous droit privé et ses procédures de droit civil.
Certes, dans les conditions actuelles de politique omniprésente, une implication dans la politique et la politique des partis ne peut être entièrement évitée.

Cependant, dans toute implication de ce type, il faut être bien conscient et se prémunir de l’influence corruptrice du pouvoir, de l’attrait de l’argent et des biais qui l’accompagnent.
Et pour minimiser le risque et la tentation qui en découlent, il convient de concentrer ses efforts sur la politique régionale et locale plutôt que nationale, et de promouvoir un programme radical de décentralisation, d’abrogation et de séparation pacifique, de ségrégation et de sécession.

Le plus important, cependant : nous devons tenir compte de la devise de vie de Ludwig von Mises : « Ne pas céder au mal, mais avancer toujours plus hardiment contre lui ».

C’est-à-dire, nous devons l’ouvrir n’importe quand et n’importe où, que ce soit dans des rassemblements formels ou informels, contre quiconque nous affronte avec un désormais trop familier baratin « politiquement correct » et des balivernes de gauche-égalitaire pour répondre sans ambages : « Non, sûrement pas. Vous plaisantez, sans doute ».
Toujours est-il, étant donné le contrôle quasi-total exercé par les élites dirigeantes, le milieu universitaire et les principaux médias, cela demande déjà beaucoup de courage de faire ça.

Mais si nous ne sommes pas assez courageux pour le faire maintenant, donnant ainsi l’exemple aux autres, les choses iront de pire en pire, seront plus dangereuses à l’avenir et nous, la civilisation occidentale et les idées occidentales de liberté et d’autonomie seront effacées et disparaîtront.>>

Fin.

Thursday, October 26, 2017

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (6)

Sixième partie de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.

49:57 - <
La deuxième source de financement des élites dirigeantes, outre l’argent extorqué au public sous forme d’impôts, provient des banques centrales.
Les banques centrales sont autorisées à créer du papier-monnaie à partir de rien.
Cela réduit le pouvoir d’achat de l’argent et détruit l’épargne des classes moyennes.
Cela ne permet pas et ne peut pas enrichir la société dans son ensemble, mais cela redistribue les revenus et les richesses au sein de la société.

Les premiers bénéficiaires de l’argent nouvellement créé, c’est-à-dire généralement les élites dirigeantes, sont ainsi rendus plus riches et les derniers receveurs, c’est-à-dire le citoyen moyen, sont appauvris.
La manipulation des taux d’intérêt par la banque centrale est la cause des cycles de crises économiques.
La banque centrale permet l’accumulation d’une « dette publique » toujours plus lourde qui est transférée à des futurs contribuables inconnus ou qui est simplement masquée par l’inflation.

Et en tant que pourvoyeurs de la dette publique, les banques centrales sont aussi les pourvoyeurs des guerres.
Cette monstruosité doit cesser et être remplacée par un système de services bancaires libres et compétitifs, fondé sur une véritable monnaie marchande telle que l’or et l’argent.

Cinq : Abolir toutes les lois et réglementations de « discrimination positive » et de « non-discrimination ».

Tous ces textes sont des violations flagrantes du principe de l’égalité devant la loi qui, du moins en Occident, est intuitivement perçu et reconnu comme un principe fondamental de la justice.
En tant que propriétaires privés, les personnes doivent être libres de s’associer ou de se dissocier avec d’autres : inclure ou exclure, intégrer ou ségréguer, rejoindre ou séparer, unifier et incorporer ou désunir, sortir et faire sécession.

Fermez tous les départements universitaires d’étude sur les Noirs, Latino, Femmes, Genres, « Queers » et autres comme incompatibles avec la science et en renvoyer les enseignants comme imposteurs intellectuels ou canailles.
De même, exiger que tous les commissaires à la discrimination positive, les responsables de la diversité des ressources humaines, des universités jusqu’aux écoles et aux maternelles, soient jetés à la rue et forcés d’apprendre un métier utile.

Six : Écrasez la foule « anti-fasciste ».

La trans-évaluation de toutes les valeurs à travers l’Occident, l’invention de toujours plus de « groupes de victimes », la diffusion de programmes de discrimination positive et la promotion incessante du politiquement correct ont conduit à la montée d'une foule « antifasciste ».
Soutenue tacitement et indirectement financée par les élites dirigeantes, cette foule de « Guerriers de Justice Sociale » autoproclamés s’est donnée pour tâche d’intensifier la lutte contre le « privilège blanc » par des actes délibérés de terreur dirigés contre quiconque et tout ce qui est jugé « raciste », de « droite », « fasciste », « réactionnaire », « incurable » ou « non reconstruit ».

De tels « ennemis du progrès » sont agressés physiquement par la foule « anti-fasciste », leurs voitures sont incendiées, leurs biens sont vandalisés et leurs employeurs menacés de devoir les licencier et de ruiner leur carrière – tout cela alors que la police reçoit ordre du pouvoir de « démissionner » et non d’enquêter sur les crimes commis et de poursuivre et punir les criminels.

Devant cet outrage, la colère du public doit être éveillée et il faut des protestations, haut et fort, pour que la police ne soit plus retenue et que cette foule soit battue et se soumette.

Maintenant, voici une requête pour les libertariens liberallala et les « Stupides pour la liberté », qui vont évidemment s’opposer à cette exigence au motif que la police en charge d’écraser la foule « anti-fasciste » est la police d’état.

Une question pour eux : Objectez-vous également, pour les mêmes motifs, à voir la police arrêter des meurtriers ou des violeurs ? Ces tâches légitimes ne seraient-elles pas exécutées de même dans un ordre libertarien par la police privée ?
Et si la police n’a pas le droit de faire quoi que ce soit envers cette foule, n’est-il pas logique alors que la cible de ces attaques, à savoir la soi-disant « droite raciste », doive se charger de donner une correction aux « guerriers de la justice sociale » ?

Sept : Écrasez les criminels de rue et les gangs.

En dérogeant au principe de l’égalité devant la loi et en accordant toutes sortes de privilèges collectifs – sauf au groupe que j’ai évoqué [celui des chrétiens blancs mariés et de leurs familles] - les élites dirigeantes ont en plus renoncé au principe de l’égalité des peines pour un même crime.

Certains groupes aux faveurs de l’état se voient infliger des peines plus clémentes pour le même crime comparé à d’autres, et certains groupes particulièrement appréciés sont tout simplement laissés partir en vrille et restent pratiquement impunis, ce qui favorise effectivement et efficacement le crime.
De même, les zones interdites ont été autorisées à se développer là où les forces de l’ordre ont pratiquement cessé d’exister et où des voyous violents et les gangs de rue ont pris le dessus.

A cette lumière, il faut provoquer la fureur du public et exiger sans équivoque que la police réprime sévèrement tous les voleurs, agresseurs, violeurs et meurtriers, et nettoie impitoyablement tous les secteurs interdits par des gangs violents.>>

A suivre...

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (5)

Cinquième partie de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.

40:27 - <
Il s’ensuit que la soi-disant stratégie hayékienne du changement social, laquelle envisage la diffusion des vraies idées libertariennes en partant du sommet, des philosophes les plus importants puis de là descendre vers les journalistes et finalement toucher les grandes masses aux cerveaux non lavés, doit être considérée comme fondamentalement irréaliste.

Au contraire, toute stratégie libertarienne réaliste de changement doit être une stratégie populaire.
Autrement dit, les libertariens doivent court-circuiter les élites intellectuelles dominantes et s’adresser directement aux masses pour lever leur indignation et leur mépris des élites dirigeantes.

Et ensuite, alors même que la principale cible d’un message libertarien populaire doit être le groupe des blancs indigènes dépossédés et privés de leurs droits, je crois que ce serait une grossière erreur stratégique de faire de la « blancheur » le critère exclusif sur lequel baser ses décisions stratégiques, comme certaines branches de l’Autre Droite ont suggéré de le faire – bien à tort, je crois.

Après tout, ce sont surtout des hommes blancs qui constituent l’élite dirigeante et qui nous ont imposé le bazar actuel.
Certes, les diverses « minorités » protégées évoquées précédemment tirent pleinement avantage des privilèges légaux qui leur ont été accordés et elles sont devenues toujours plus enclines à demander encore plus de « protection ».

Mais aucune d’entre elles ni toutes ensemble n’ont ni n’avaient les aptitudes intellectuelles qui auraient rendu ce résultat possible, sans leur instrumentation par l’aide quelles ont reçue et reçoivent des hommes blancs.

Maintenant, en reprenant les indices des mouvements de Buchanan, de Ron Paul et de Trump, avançons sur les spécificités d’une stratégie populaire pour le changement libertarien, sans ordre particulier, sauf la première, qui a pris la plus grande urgence dans l’esprit du public.

Un : Cesser l’immigration de masse.

Les vagues d’immigrants qui inondent actuellement le monde occidental l’ont encombré de hordes de parasites de l’assistance, ont apporté des terroristes, augmenté le crime, conduit à la prolifération de zones interdites et ont entraîné d’innombrables « mauvais voisins » qui, en raison de leur éducation, culture et traditions étrangères et étranges, manquent de toute compréhension et appréciation de la liberté et vont forcément devenir de futurs partisans aveugles du bien-être-étatiste.

Personne n’est contre l’immigration et les immigrants en soi. Mais l’immigration doit être sur invitation seulement.
Tous les immigrants doivent être des personnes productives et, par conséquent, être exclus de tous les systèmes d’aide sociale nationaux.

Pour ce faire, leurs hôtes invitant ou eux-mêmes doivent établir un lien avec la communauté dans laquelle ils vont s’installer, lequel doit être confisqué pour conduire à l’expulsion de l’immigrant si un jour il devenait un fardeau public.

De plus, chaque immigrant, partie invitante ou employeur devrait non seulement payer pour les charges ou le salaire de l’immigrant, mais aussi payer la communauté résidentielle pour toute usure supplémentaire de ses installations publiques liée à la présence de l’immigrant, afin d’éviter la socialisation de tous les coûts encourus suite à son installation.

De plus, avant même son admission, chaque immigrant potentiel et invité doit être soigneusement examiné et vérifié non seulement quant à sa productivité mais aussi quant à ses affinités culturelles ou « capacité de bon voisinage » - avec le résultat empiriquement prévisible – mais en aucun cas exclusivement – de candidats immigrants la plupart du temps occidentaux blancs.

Et tout communiste ou socialiste connu, de toute couleur, dénomination ou pays d’origine, doit être exclu de tout installation permanente - à moins que la communauté où l’immigrant potentiel veut s’installer ne sanctionne officiellement le pillage des biens de ses résidents par l’arrivée de nouveaux étrangers, ce qui est pour le moins très peu probable, même au sein des communautés communistes déjà existantes.

Maintenant, un bref message à tous les libertariens « open-border » (NdT pro-ouverture des frontières) et liberallala, qui vont sûrement étiqueter cela, vous l’avez deviné, comme « fasciste ».

Dans un ordre libertarien entièrement privatisé, il n’existe pas de droit à l’immigration libre.
La propriété privée implique des frontières et le droit du propriétaire d’exclure à volonté.
Et la « propriété publique » a elle aussi des frontières. Elle n’est pas sans propriétaire.
Elle est la propriété des contribuables nationaux et certainement pas la propriété des étrangers.

Et s’il est vrai que l’état est une organisation criminelle et que lui confier la tâche du contrôle des frontières entraînera inévitablement de nombreuses injustices tant pour les résidents nationaux que pour les étrangers, il est également vrai que l’état fait quelque chose lorsqu’il décide de ne rien faire en matière de contrôle des frontières et que, dans les circonstances actuelles, si l’état devait ne faire aucun contrôle des frontières, cela conduirait à des injustices encore plus graves que toute autre politique, en particulier pour les citoyens nationaux.

Deux : Cesser d’attaquer, de tuer et de bombarder les gens dans les pays étrangers.

Une cause principale, même si elle n’est pas la seule, de l’invasion actuelle des pays occidentaux par des hordes d’immigrants étrangers, vient des guerres initiées et menées au Moyen-Orient et ailleurs par les élites dirigeantes américaines et leurs élites marionnettes occidentales.

De plus, les attaques terroristes omniprésentes apparaissant désormais « normales », au nom de l’islam à travers le monde occidental, sont en grande partie un « retour de flamme » de ces guerres et du chaos qui s’ensuit dans tout le Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Il ne devrait y avoir aucune hésitation de notre part à nommer ces dirigeants occidentaux comme responsables de ce qu’ils sont : des meurtriers ou des complices d’un meurtre de masse.
Nous devons exiger et hurler au contraire en faveur d’une politique étrangère de strict non-interventionnisme.

Nous retirer de toutes les organisations internationales et supranationales telles que les Nations Unies, l’OTAN et l’Union européenne qui intriguent et poussent les pays à se mêler des affaires intérieures des autres.
Cesser toute aide de gouvernement à gouvernement et interdire toutes vente d’armes à des états étrangers.

Allons vers l’Amérique d’abord !, l’Angleterre d’abord !, l’Allemagne d’abord !, l’Italie d'abord !, la Turquie d’abord !, et la Petite Bavière d’abord ! et la Vénétie d’abord ! et ainsi de suite.
Chaque pays échange avec les autres et personne n’intervient dans les affaires intérieures de quelqu’un d’autre.

Trois : Défaire les élites dirigeantes et leurs gardes du corps intellectuels.

Exposer et rendre largement public les somptueux salaires, avantages, retraites, pots-de-vin et dessous de table reçus par les élites dirigeantes : par les hauts fonctionnaires et les bureaucraties gouvernementales, les cours suprêmes, les banques centrales, les services secrets et les agences d’espionnage, par des politiciens, parlementaires, chefs de partis, par les conseillers politiques et consultants, par les capitalistes pourris, les « éducateurs publics », les présidents d’universités et leurs directeurs, et les « vedettes » universitaires.

Faire connaître le fait que toute leur gloire étincelante et leur luxe sont financés par de l’argent extorqué aux contribuables, et par conséquent insister pour que toutes les taxes soient réduites : impôts sur le revenu, impôts fonciers, taxes sur la vente, droits de succession et ainsi de suite.>>

A suivre...

Wednesday, October 25, 2017

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (4)

Quatrième partie de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.

31:08 - <« humanitaire » de Tucker a été adopté par l’ensemble de la foule des libertariens libérallala.

Pourtant, hors des terres de la fantaisie égalitaire, dans le monde réel, les libertariens doivent avant tout être réalistes et reconnaître dès le départ, comme le fait l’Autre Droite, l’inégalité non seulement des individus mais aussi des différentes cultures comme étant une donnée irréversible de l’existence humaine.

Nous devons de plus reconnaître qu’il existe beaucoup d’ennemis à la liberté tels que définis par le libertarianisme et que ce sont eux, et non nous, qui sont aux commandes des affaires du monde.
Que dans bien des endroits du monde contemporain leur contrôle de la masse est si abouti que les idées de la liberté et pour un ordre social libertarien sont pratiquement inconnues ou vues comme impensables – sauf comme exercice intellectuel ou gymnastique mentale pratiqué par quelques individus « exotiques ».

Et que ce n’est principalement qu’en Occident, c’est-à-dire dans les pays de l’Europe occidentale et centrale et dans les territoires établis par ses peuples, que l’idée de la liberté est si profondément enracinée que ces ennemis peuvent encore y être ouvertement contestés.
En limitant ainsi nos considérations stratégiques uniquement à l’Occident, nous pouvons identifier, à peu près comme l’a fait l’Autre Droite, les acteurs agences suivants comme nos principaux ennemis.

Ce sont avant tout les élites dirigeantes qui contrôlent l’appareil d’état et, en particulier, ce qu’on appelle « l’état profond » (« Deep State ») ou la soi-disant « cathédrale » de l’armée, des services secrets, des banques centrales et des cours suprêmes.
Cela comprend également les patrons du complexe militaro-industriel, c’est-à-dire des entreprises privées qui doivent leur existence même à l’état comme client exclusif ou dominant de leurs produits, ainsi que les dirigeants des grandes banques commerciales, lesquels doivent leur privilège de création de monnaie et de crédit à partir de rien à l’existence de la banque centrale et à son rôle de « prêteur de dernier recours ».

Ensemble, c’est-à-dire l’état, les grandes entreprises et les grandes banques, ils constituent une « société d’admiration mutuelle » extrêmement puissante, même si minuscule, qui déleste l’énorme masse de contribuables et vit la vie de château sur leur dos.

Le deuxième groupe d’ennemis, beaucoup plus vaste, comporte les intellectuels, les éducateurs et les « éducrates », des plus hauts niveaux universitaires jusqu’au niveau des écoles élémentaires et des maternelles.
Financés presque exclusivement, directement ou indirectement, par l’état, ils sont, dans leur écrasante majorité, devenus les instruments dociles et les bourreaux volontaires aux mains de l’élite dirigeante et ses desseins de pouvoir absolu et de contrôle total.

Et troisièmement, il y a les journalistes des médias grand public, comme produits dociles du système « d’éducation publique », et bénéficiaires cupides et vulgarisateurs de « l’information » gouvernementale.

Ensuite, tout aussi important dans le développement d’une stratégie libertarienne est la question immédiatement suivante : Quelles sont les victimes ?

Voilà, la réponse libertarienne standard est ainsi : les contribuables, par opposition aux consommateurs d’impôts (NdT que sont les politiciens, fonctionnaires et bureaucrates).

Pourtant, bien que cela soit globalement correct, ce n’est qu’une partie de la réponse, et les libertariens pourraient bien tirer leçon à cet égard de la part de l’Autre Droite.
Car outre l’aspect économique assez étroit, il y a aussi un aspect culturel plus large qui doit être pris en compte dans l’identification des victimes.

Afin d’étendre et d’accroître leur pouvoir, les élites dirigeantes mènent depuis de nombreuses décennies ce que Pat Buchanan a identifié comme une « guerre culturelle » systématique, visant à la trans-évaluation de toutes les valeurs et à la destruction de tout l’aspect naturel, ou si vous préférez, l’aspect « biologique », des liens sociaux et des institutions telles que la famille, les communautés, les groupes ethniques et les nations généalogiquement apparentées, ceci afin de créer intrinsèquement une population de plus en plus atomisée, dont la seule caractéristique commune et lien unificateur soit sa dépendance existentielle commune à l’état.

Le premier pas dans cette direction, fait il y a déjà plus d’un demi-siècle ou même plus, fut l’introduction de « l’assistance publique » et de la « sécurité sociale » (NdT vision américaine).
Ainsi, les plus basses classes et les personnes âgées ont été transformées en dépendants à l’état et la valeur et l’importance de la famille et de la communauté ont été d’autant diminuées et affaiblies.

Plus récemment, d’autres mesures plus poussées en ce sens ont proliféré.
Une nouvelle « victimologie » a été proclamée et mise en avant.
Les femmes, en particulier les mères célibataires, les Noirs, les Browns, les Latinos, les homosexuels, les lesbiennes, les bisexuels et les transsexuels ont obtenu le statut de « victimes » et ont obtenu des privilèges juridiques par des décrets de non discrimination ou de discrimination positive.

De même, tout récemment, de tels privilèges ont été aussi étendus aux immigrés étrangers, qu’ils soient légaux ou illégaux, pourvu qu’ils appartiennent à une des catégories juste évoquées ou qu’ils soient adeptes de religions non chrétiennes tel que l’Islam, par exemple.

Le résultat ? Non seulement le problème précédent du « mauvais voisin » n’a pas été évité ou résolu, mais il a été systématiquement encouragé et intensifié.
L’homogénéité culturelle a été détruite et la liberté d’association, la ségrégation physique volontaire et la séparation des différents peuples, communautés, cultures et traditions ont été remplacées par un système omniprésent d’intégration sociale forcée.

De plus, chaque groupe de « victimes » évoqué a ainsi été opposé à tous les autres, et tous ont été opposés aux hommes blancs, hétérosexuels et chrétiens, en particulier ceux qui sont mariés et ayant des enfants, vus comme le seul group restant de soi-disant « victimisants » sans protection légale.
De là, à la suite de la trans-évaluation de toutes les valeurs promues par les élites dirigeantes, le monde a littéralement été mis sens dessus dessous.

L’institution de la famille avec un père, une  mère et leurs enfants, qui a constitué la base de la civilisation occidentale, comme la plus libre, la plus industrieuse, ingénieuse et aboutie des civilisations connues de l’humanité, c’est-à-dire l’institution même et le peuple qui a apporté le plus de bien dans l’histoire humaine – certes il a fait beaucoup de mauvaises choses – ce groupe a été officiellement stigmatisé et vilipendé comme la source de tous les maux sociaux et il a été fait le groupe le plus défavorisé, même persécuté par la politique continue du « diviser pour mieux régner » menée par les élites ennemies.

Ainsi donc, compte tenu de l’univers actuel des affaires, toute stratégie libertarienne prometteuse doit, tout juste comme l’Autre Droite l’a reconnu, être avant toute chose adaptée à et ciblée vers ce groupe des gens les plus gravement victimisées.

Les couples blancs chrétiens mariés avec des enfants, en particulier s’ils font aussi partie de la catégorie des contribuables – plutôt que des consommateurs fiscaux - et tous ceux qui ressemblent le plus ou se reconnaissent dans cette forme standard d’ordre social et d’organisation devraient être en toute logique l’auditoire le plus réceptif au message libertarien – alors que le soutien le moindre devrait venir des groupes les plus « protégés » comme, par exemple, les mères noires musulmanes célibataires sous assistance sociale.

Compte tenu de cette multitude d’ennemis-malins face à victimes dans l’Occident contemporain, je peux maintenant en venir à la tâche finale d’essayer de définir une stratégie libertarienne réaliste de changement social.>>

A suivre...

Tuesday, October 24, 2017

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (3)

Troisième partie de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.

20:37 - <
Pourtant, ce fait ne doit nous mener à l’erreur de l’ignorer, car l’Autre Droite a fait ressortir de nombreux éclairages d’importance capitale à la recherche d’une réponse aux deux questions que j'ai évoquées plus tôt et qui traditionnellement posent difficulté aux libertariens à répondre.

A savoir, comment maintenir un ordre libertarien ? Et comment voir aboutir un tel ordre à partir du statu quo actuel non-libertarien ainsi diagnostiqué ?
L’Autre Droite n’a pas découvert ces perspectives. Elles ont été posées bien avant et, en fait, pour une large part, elles ne sont guère que du bon sens.
Mais ces derniers temps, de telles idées se sont vues noyées sous des montagnes de propagande égalitaire gauchiste et l’Autre Droite doit être saluée pour les avoir remises à la lumière.

Pour illustrer l’importance de ces sujets, permettez-moi de traiter la première question laissée sans réponse.
De nombreux libertaires sont de l’avis que la seule chose nécessaire pour maintenir un ordre social libertarien est la stricte application du principe de non-agression (NdT dit « NAP »pour Non-Agression Principle). Autrement dit, tant qu’on s’abstient de toute agression, selon leur point de vue, le principe du « vivre et laisser vivre » devrait être la règle.

Pourtant, si ce « vivre et laisser vivre » semble attrayant à les adolescents en rébellion contre l’autorité parentale et toutes les conventions sociales et autre contrôle (et je dois d’ajouter que beaucoup de jeunes ont été initialement attirés vers le libertarianisme sur la base que « vivre et laisser vivre » est tout ce que le libertarianisme a à offrir), et même si ce principe prévaut en effet et s’applique à des personnes vivant loin les unes des autres et n’interagissant qu’indirectement et de loin, il n’en va pas de même, ou plutôt il est insuffisant quand il s’agit de personnes vivant en proche proximité, comme voisins et cohabitants de la même communauté.

Un exemple simple suffit à exprimer l’idée. Supposons un nouveau voisin juste à côté.
Ce voisin n’agresse ni votre propriété ni vous-même en aucune façon, mais c’est simplement un « mauvais » voisin.
Il jette ses détritus sur sa propriété voisine, devenant un tas d’ordures, par exemple : à l’extérieur, sans se cacher de vous, il pratique l’abattage rituel d’animaux.
Ou bien, il transforme sa maison en « maison de joie », en bordel, avec des clients qui vont et viennent toute la journée et toute la nuit.
Ou bien, il n’offre jamais un coup de main et ne tient jamais aucune promesse faite.
Ou encore, il ne peut pas ou bien il refuse de vous parler dans votre propre langue.
Et ainsi de suite et ainsi de suite.

Nous avons tous des expériences de combien la vie peut devenir mauvaise avec de mauvais voisins.
Ainsi, votre vie est devenue un cauchemar.
Pourtant, vous ne pouvez pas utiliser la violence contre lui, parce qu’il ne vous a pas agressé.
Dès lors, que pouvez-vous faire ?

Vous pouvez bien sûr l’éviter et le boycotter.
Mais supposons que votre voisin m’en a cure.
Ou du moins, que vous seul le « punissiez » ainsi le laisse plutôt ou pleinement indifférent.
Il vous faut l’autorité communautaire respectée, ou vous devez vous tourner vers quelqu’un qui a cette autorité communautaire, pour persuader et convaincre tout le monde ou au moins la plupart des membres de votre communauté de faire de même et de faire du mauvais voisin un proscrit social, pour exercer une pression suffisante sur lui pour qu’il vende ses biens et qu’il parte.

Voilà, au temps pour ces libertariens qui, en plus de leur devise « vivre et laisser vivre », glorifient aussi l’idéal de « respecter aucune autorité », « respecter aucune hiérarchie », « ne respecter personne au-dessus de soi ».
Arrivons-en à la leçon.

La cohabitation pacifique des voisins et des personnes en contact direct et régulier les uns avec les autres sur un territoire – c’est-à-dire un ordre social tranquille et convivial – exige aussi le partage d’une culture, d’une langue, d’une religion, de coutumes et de conventions.

Il peut y avoir coexistence pacifique de cultures différentes sur des territoires lointains et physiquement séparés, mais le multiculturalisme, l’hétérogénéité culturelle ne peuvent pas exister dans un seul et même lieu sans entraîner une confiance sociale réduite, une tension accrue et finalement l’appel à un « homme fort » et à la destruction de tout ce qui ressemble à un ordre social libertarien.

Et de plus : Tout comme un ordre libertarien doit toujours se méfier des « mauvais » voisins (même non agressifs) par boycott social, c’est-à-dire par une culture commune du « vous n’êtes pas les bienvenus ici », de même et en effet avec plus de vigilance encore, doit-il être préservé des voisins qui défendent ouvertement le communisme, le socialisme, le syndicalisme ou la démocratie sous quelque forme que ce soit.

Ces personnes, en constituant ainsi une menace ouverte à tous les propriétaires et propriétés privées, doivent non seulement être évitées, mais elles doivent, pour utiliser un « Hoppe-meme » désormais célèbre, être « physiquement enlevées », si nécessaire avec violence, et forcées de partir pour d’autres pâturages.

Ne pas le faire conduit inévitablement à…  eh bien, le communisme, le socialisme, le syndicalisme ou la démocratie et donc, le contraire même d’un ordre social qui peut se dire libertarien.
Avec ces idées « de droite » ou, comme je dirais, de plein bon sens, je me tourne maintenant vers la question plus difficile du passage d’ici, c’est-à-dire du statu quo vers la cible.

Et pour cela, il pourrait être instructif en premier de considérer brièvement la réponse donnée par les Liberallala (« paix-amour-et-liberté »), les « Friede-Freude-Eierkuchen » (paix, joie et crêpes) ou les libertariens du capitalisme-est-amour.

Parce cela révèle le même égalitarisme fondamental, même si sous une forme légèrement différente, que celle affichée aussi par les libertariens « vivre-et-laisser-vivre ».
Ces libertariens du « vivre-et-laisser-vivre », comme je viens de tenter de le montrer, définissent ce qu’on pourrait appeler le « problème du mauvais voisin » - et ce qui est en fait bien sûr un simple raccourci vers le problème général posé par la coexistence de cultures distinctement différentes, étrangères, mutuellement dérangeantes, agaçantes, étranges ou hostiles - ils ont simplement décidé que ce problème n’auvait pas d’existence, parce qu’ils supposent que tous les gens sont exactement les mêmes, toutes les cultures sont les mêmes, et si cela est vrai, alors un « problème du mauvais voisin » ne peut tout simplement pas exister.

Le même égalitarisme, ou comme les libertariens liberallala préfèrent s’appeler eux-mêmes, l’esprit « humanitaire », intervient aussi dans leur réponse à la question d’une stratégie libertarienne.
En un mot, ce qu’ils conseillent est ceci : Soyez gentil, parlez à tout le monde - et alors, à long terme, les arguments libertariens, parce que meilleurs, l’emporteront.

Pour illustrer, prenons mon ancien ami devenu un ennemi, Jeffrey Tucker, qui nous donne ses cinq « A ne pas faire » quand on parle de Liberté : ("Don'ts When Talking Liberty").

Et je cite, ce sont :
« D’abord, ne soyez pas belliqueux. Deuxièmement, ne présumez pas la haine de la liberté. Trois, ne supposez pas de buts différents. Quatre, ne présagez pas l’ignorance. Et cinq, ne voyez en personne un ennemi. »
Ce sont les [cinq] « à ne pas faire ».

Maintenant, indépendamment du fait que Tucker ne semble pas suivre son propre conseil dans sa condamnation belliqueuse de toute l’Autre Droite comme fascistes haïssant la liberté, je trouve ses exhortations vraiment stupéfiantes.

Cela peut être de bons conseils envers des personnes venant de surgir de nulle part, sans histoires retraçables, mais envers de vraies gens avec une histoire patentée, ils me semblent désespérément naïfs, irréalistes et carrément contre-productifs - contre-productifs pour la poursuite des buts libertariens.

Car pour ma part - et j’imagine que tous les autres ici – je connais et j’ai rencontré beaucoup de gens dans ma vie qui sont ignorants, qui ont des buts différents, non-libertariens, et qui détestent la liberté telle que la comprennent les libertariens - et pour quelle raison au monde devrais-je ne pas considérer ces gens comme des imbéciles ou des ennemis ?

Et pourquoi ne devrais-je pas détester et ne pas être belliqueux vis-à-vis de mes ennemis ?
Sous l’angle de la stratégie libertarienne, je pense que le conseil de Tucker doit être considéré comme une mauvaise blague.>>

A suivre...

Monday, October 23, 2017

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (2)

Première suite de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.

11:21 : < Mais la doctrine libertarienne n’implique que peu quant aux deux questions suivantes.

Premièrement, comment maintenir un ordre libertarien une fois qu’on l’a atteint ?
Et plus important, en second, comment atteindre un ordre libertarien à partir d’un point de départ non libertarien, ce qui exige d’un côté qu’on décrive correctement le point de départ et ensuite qu’on identifie correctement les obstacles posés sur le chemin de l’objectif libertarien par ledit point de départ.

Pour répondre à ces questions, en plus de la théorie il faut quelque connaissance en psychologie humaine et en sociologie, ou du moins un soupçon de bon sens.
Pourtant bien des libertariens et faux libertariens sont tout ce qu’il y a d’ignorants en psychologie humaine et en sociologie, voire même dénués de tout bon sens.
Ils acceptent aveuglément malgré tout indice empirique, une vue égalitaire, comme « page blanche » de la nature humaine, c’est-à-dire que tous les peuples et toutes les sociétés et toutes les cultures sont essentiellement égaux et interchangeables.

Ensuite, alors qu’une large part du libertarianisme contemporain peut être caractérisé comme théorie sans psychologie ni sociologie, beaucoup voire l’essentiel de l’Autre Droite peut être décrit par contraste comme psychologie et sociologie sans aucune théorie.

Les “Autre Droitiers” / Alt-Righters ne sont pas unis autour d’une même théorie commune.
Et il n’existe rien, rien qui ne ressemble même à peine à un texte canonique définissant son objet.
Au contraire, l’Autre Droite est essentiellement unie par sa description du monde contemporain et en particulier des USA et du soi-disant monde occidental ainsi que par l’identification et le diagnostic de ses pathologies sociales.

En fait, il a été noté avec justesse que l’Autre Droite est bien plus unie par ce à quoi elle s’oppose que par ce qu’elle soutient.
Elle est contre, et en effet elle déteste avec passion, les élites contrôlant l’état, les médias « mainstream » (« officiels ») et l’université.
Et pourquoi cela ? Parce que l’état, les médias « officiels » et l’université font tous la promotion de la générosité sociale pathologique.

Ainsi, ils font la promotion, que l’Autre Droite conteste vigoureusement, de l’égalitarisme, de la discrimination positive, des lois anti-discrimination, du multiculturalisme, et de l’immigration libre de masse comme moyen de faire aboutir ce multiculturalisme.

Egalement, l’Autre Droite dénigre toutes les marques du marxisme culturel ou du gramscisme – du nom d’Antonio Gramsci, le communiste italien.
Et ils détestent tout politiquement correct – avec raison stratégique, je pense – et ignore superbement et sans apologie toutes les accusations de racisme, sexisme, élitisme, suprémacisme, homophobie, xénophobie et ainsi de suite.

Et l’Autre Droite se moque aussi comme désespérément naïf de l’axe programmatique de soi-disant libertariens tels que les « Students for Liberty » - que j’ai dénommés les Stupides pour la Liberté – et que mon jeune ami Allemand André Lichtlag a qualifié de libertariens « libérallala » et leur slogan « Paix, Amour et Liberté » (“Peace, Love and Liberty”), que Lichtlag a traduit avec pertinence en Allemand par les libertariens “Friede, Freude, Eierkuchen” (NdT : « paix, joie et crêpes », expression allemande qui décrit une société superficiellement intacte, apparemment pacifique, à la façade propre, mais qui exprime plus les problèmes qu’elle ne les résout.).

En fort contraste, les Autres Droitiers insistent pour rappeler que la vie est faite de luttes, de haine, de dureté et de combat, pas juste entre individus, mais aussi entre différents groupes de gens agissant de concert.

Un certain “Millennial Woes” (NdT « détresses du millénaire ») – son pseudonyme, son vrai nom étant Colin Robertson – a ainsi je trouve spécialement résumé l’Autre Droite avec concision, je cite :

“L’égalité est de la merde. La hiérarchie est essentielle. Les races sont différentes. Les sexes sont différents. La moralité importe et la décadence est réelle. Toutes les cultures ne sont pas égales et nous ne sommes pas obligés de penser qu’elles le sont. L’homme est une créature déchue et la vie est faite de plus qu’un simple matérialisme creux. Enfin, la race blanche compte, et la civilisation est précieuse. C’est cela l’Autre Droite.”
Fin de citation.

Ensuite, en l’absence de toute théorie unifiée néanmoins, il y a bien moins d’accord au sein de l’Autre Droite quant au but qu’elle désire atteindre in fine.
Plusieurs de ses inspirateurs ont de clairs penchants libertariens, notamment ceux qui sont venus ici (NdT Conférences PFS) – ce qui est bien sûr la raison même de les y avoir invités.
Même s’ils n’étaient pas à 100% sur nos idées.
Tous les Autre Droitiers qui ont apparu parmi nous par exemple étaient familiers de Rothbard et de ses travaux.

Alors même que le candidat le plus récent à la présidentielle du parti libertarien américain (Libertarian Party) n’avait jamais même entendu le nom de Rothbard.
Tous – ceux que j’ai fait venir ici – à ma connaissance – étaient des soutiens déclarés de Ron Paul durant sa campagne pour la primaire du parti Républicain pour la nomination comme candidat à la présidentielle. Tous.

Pendant ce temps, beaucoup de libertariens auto-proclamés attaquaient et tentaient de vilipender Ron Paul pour – et vous savez déjà ce qui suit – ses « vues racistes ».
Cependant, plusieurs des leaders de l’Autre Droite et beaucoup de ses sympathisants à divers degrés ont eux aussi adopté des vues incompatibles avec le libertarianisme.

Comme Buchanan avant eux, et Trump désormais, ils sont inflexibles sur le besoin d’une politique d’immigration restrictive, très sélective et discriminante – ce qui est entièrement compatible avec le libertarianisme et son but de liberté d’association et son opposition à l’immigration forcée.

Beaucoup d’entre eux proposent de combiner cette politique à une politique marquée de restriction du commerce international, de protectionnisme économique et de barrière douanière – ce qui est bien sûr une antithèse du libertarianisme et nuisible à la prospérité humaine.

Je voudrais me presser d’ajouter cependant que malgré mes critiques envers ses compétences économiques, je continue de voir en Pat Buchanan un homme très bien.
D’autres sont allés bien plus loin encore, tel Richard Spencer, qui le premier a popularisé le terme de Autre Droite / « Alt-Right ».

Entretemps, du fait de plusieurs acrobaties médiatiques, qui lui ont apporté quelque notoriété aux USA, Spencer a atteint le point ou prétendre être le leader maximo d’un mouvement unifié soi-disant puissant – une péripétie qui d’ailleurs a été ridiculisée par Taki Theodoracopulos – « Taki Man » – un vétéran du mouvement paléo-conservateur devenu Autre Droite et ancien employeur de Spenser.

Quand Spencer vint en ce lieu, il y a plusieurs années, il démontrait encore de forts penchants libertariens. Malheureusement hélas, cela a changé et voilà que Spencer dénonce, sans plus de qualification, tous les libertariens et tout ce qui est libertarien jusqu’à aller se complaire du socialisme, pourvu que ce soit un socialisme pour et par les seuls blancs.

Vous imaginez aisément ma déception.>>

A suivre...