Tuesday, October 17, 2017

Macron nous prend-il pour des enfants ?

Ainsi, selon les nouvelles du jour, Macron prétend se lancer dans la lutte contre la pauvreté des enfants. Quel bel élan de générosité, tous ceux passés avant lui n’y ont pas pensé, les idiots. Il est vrai que de voir tant d’enfants pour lesquels avenir et présent ne sont pas aussi roses que la croissance mondiale le laisse supposer est une chose bien triste, méritant l’énergie de notre jeune Président.

Un premier niveau de réflexion conduit cependant très vite à s’interroger sur ce que peut bien signifier concrètement la « pauvreté des enfants ». La pauvreté, comme la richesse, est une chose très difficile à définir et à matérialiser. J’ai l’habitude de dire qu’il y a toujours en un pays 50% de riches et 50% de pauvres, c’est la seule certitude. C’est encore plus vrai pour des enfants qui le plus souvent n’ont aucun revenu et sont en pleine acquisitions de ces compétences – de plus en plus maigres grâce à l’Education nationale – qui leur serviront justement pour prétendre à des revenus.

S’attaquer à leur pauvreté, dès lors, qu’est-ce que ça peut vouloir dire ? A très court terme, il peut prendre un hélicoptère pour leur jeter des billets, à eux ou à leurs parents. Ou les mettre sous la perfusion de quelque subside artificielle, une de plus, financée on ne sait trop comment – ou plutôt si, on le sait : avec un peu plus d’impôts qui contribueront eux à appauvrir d’autres enfants. Ou alors, il peut décider de leur donner un travail, à eux ou à leurs parents. Mais là encore, on va inventer des postes qui n’existent pas, ou on va obliger les entreprises à y mettre des parents incompétents, donc à appauvrir un peu plus ces entreprises-là, et donc nous tous en bout de chaîne. Effet inverse, donc.

La pauvreté des enfants ne peut se corriger qu’à long terme, donc, ce qui est peu compatible avec la nature volatile de l’agenda de tout politicien. Macron devrait ainsi au moins se demander ce qui a causé la pauvreté des enfants, alors que nous sommes dans un monde où le niveau de vie est censé croître continuellement et pour tous. N’importe quel économiste un peu sérieux, depuis Bastiat il y a 170 ans, saura y diagnostiquer la conséquence de l’interventionnisme économique maladif et puéril que pratique la classe politique aveugle depuis au moins la Seconde Guerre, tous partis confondus.

Car finalement, à y réfléchir juste un peu plus, éviter la pauvreté des nouvelles générations, leur assurer, et non pas leur construire, une société et un environnement socio-économique qui leur permettront de trouver leur voie et ainsi leur prospérité, économique et morale, n’est-ce pas là le rôle même, le rôle fondamental de tout gouvernement et élite qui se respectent ? Comment est-il possible que cet objectif en soit un, ce qui veut dire qu’il ne va pas de soi ? Et comment est-il possible qu’on l’exprime d’une manière laissant penser que la solution non plus ne va pas de soi ?

Cette décision de Macron est un excellent test, finalement. Soit elle est le reflet de la décadence intellectuelle et morale avancée où se trouve notre classe politique quant à son objet même. Soit il connaît la réponse et prétend la faire avancer, masquée sous un « noble » prétexte bien gauchisant. Vu que le sujet sort du chapeau tout d’un coup, il y a fort à parier que le second cas est improbable.

Wednesday, October 11, 2017

Quand nul n’est censé ignorer la loi, la liberté est ignorée

Nous connaissons tous ce précepte qui nous est inculqué pendant notre endoctrinement scolaire : nul n’est censé ignorer la loi, nous dit-on. Il s’agit d’un principe essentiel de l’échafaudage juridique du pays, puisqu’il permet à tout policier, bureaucrate ou autre officier de l’état de pouvoir s’appuyer sur nos nombreux « codes » et autres textes législatifs pour exiger notre obéissance et nos impôts.

Le choix du terme de « loi » a son importance. On ne dirait pas « nul n’est censé ignorer le droit », et on ne dirait pas non plus « nul n’est censé ignorer la législation ». La « loi » est essentiellement la même chose que l’ensemble de la « législation », mais avec deux nuances fortes. Elle embarque avec elle tout l’appareil des institutions et du fonctionnement de l’état : on ne peut prétendre ignorer qu’il faut obéir à un policier ou passer devant un notaire pour vendre un bien immobilier, par exemple. Plus psychologique, le concept de « loi » est plus abstrait et englobant, c’est un fourre-tout couvert d’une aura presque religieuse qui permet au précepte d’avoir bien plus de force envers le citoyen.

Pour le « droit », c’est très différent. Tout le monde sait plus ou moins consciemment ce qu’est son droit – et non « ses droits » : chacun sait qu’il ne doit ni voler, ni agresser, ni tuer et s’attend sans plus de question à ce qu’autrui fasse de même. C’est là la base éternelle de la justice humaine.

Au quotidien, chacun de nous – du moins les gens honnêtes – interagit avec les autres en respectant ce droit. Parfois, on échange, on monte des affaires, on fait des projets qui nous conduisent à passer des contrats avec d’autres, qui font de même pour leurs affaires. À tout moment donc, chacun de nous sait très bien à quoi il est engagé et donc quel est l’ensemble des obligations qu’il a prises et qui déterminent ce qu’il est « censé savoir » en matière de « droit » et de devoirs envers ce monde.

Mais alors, puisque nous savons toujours et à tout moment ce qui fait notre « loi » propre, et que peu ou prou nous connaissons les bases des règles générales de fonctionnement de ce pays, pourquoi ce besoin de nous asséner avec conviction ce précepte de connaissance de la « loi » ?

La réponse est évidente, hélas : parce que nous sommes dans un pays où une foule, des générations de députés et autres bureaucrates ont produit tant de textes qu’il est dans la pratique impossible de tous les connaître – et en plus, ils le font sans nous demander la permission ni nous en informer.

Et ce n’est pas là un phénomène accidentel, mais volontaire : il est très utile pour les hommes de l’état que la masse de la législation nous déborde : cela leur permet d’être sûr qu’aucun de nous n’est jamais sans tache et parfaitement en règle vis-à-vis de l’ensemble infini des lois en vigueur, ce qui permet d’être sûr de trouver une faille qui permette d’arrêter les récalcitrants ou rebelles.

Ainsi, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire à l’école, on peut être sûr que tout pays où « nul n’est censé ignorer la loi » est un pays où en réalité « nul n’est à l’abri de l’arbitraire de la loi ». Dans un pays libre, il n’y a pas de loi, mais il y a le droit et des contrats : nul n’a de mauvaise surprise.

Corruption : active ou passive ? Les deux vont toujours ensemble.

La corruption est depuis longtemps identifiée comme un des maux des sociétés et tout spécialement des démocraties contemporaines. On appelle à la « transparence », on chasse la corruption « active » et la corruption « passive » et les groupes de pression, ou « lobbies », ont fort mauvaise presse.

Le capitalisme de connivence, celui où la trop grande proximité des hommes d’affaires et du pouvoir politique et bureaucratique leur donne des privilèges de fait au détriment de l’ensemble du marché, ce capitalisme malsain est un des grands symboles de la corruption que combattent les libéraux.

Pourtant, des affaires complexes, telle la position privilégiée dont Monsanto bénéficie en matière de semences ou OGM, cachent sous une apparence d’abus de pouvoir une réalité plus subtile.

Wikipedia voit la corruption selon ses acteurs : « La corruption est la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa bienveillance. » Deux choses frappent dans cette définition.

On voit tout d’abord que la relation n’est pas équilibrée. Le dernier mot dit tout : « bienveillance ». Ce mot suppose une forme de pouvoir, celui de fermer les yeux ou d’informer, celui de ne pas user de son pouvoir, celui d’être agréable ou pas, selon l’humeur ou l’arbitraire. Sans ce pouvoir, cet « avantage » qui est l’objet de la négociation, voire de la séduction, n’en serait pas un. Sans pouvoir, il ne pourrait y avoir corruption, la situation serait une simple transaction, un échange commercial.

C’est d’ailleurs bien ce qui se passe in fine : la corruption n’est jamais qu’un acte commercial, où une personne en position de fournir une gratification statutaire l’échange contre une valeur en monnaie ou en nature. C’est la version sordide du marché, en version non libre, où il est fait littéralement commerce des produits du pouvoir. Mais comme dans le marché normal, tout cela n’est possible qu’à condition que les deux acteurs individuels tombent d’accord sur les termes de l’échange.

Il est donc inapproprié, et même trompeur, d’opposer corruption « passive » ou « active », puisque dans tous les cas de figure, le bureaucrate est tout autant acteur et actif de la fraude que peut l’être le bénéficiaire de sa « bienveillance ». Il est donc injuste de condamner ou de blâmer un seul des deux acteurs pour corruption, fût-elle « passive » ou « active », car cette distinction n’a pas de sens.

De plus, sous l’angle moral cette fois, les deux acteurs ne sont pas au même niveau. Car si le citoyen concerné vient commercer avec une somme dont rien ne permet de dire a priori qu’elle est d’origine malhonnête, il n’en est pas de même du bureaucrate. Dans son cas, les faveurs dont il fait commerce sont toujours les produits de taxes, inflation, arbitraire et autres abus de pouvoir de faible moralité.

Il est comique enfin de voir que la lutte anti-corruption, quand elle est authentique et sincère, est une lutte de la part du pouvoir politique en faveur du capitalisme pur et libéral, puisque celui-ci correspond au marché libre dont toute forme de pouvoir et de politique est absente – un marché où la corruption est impossible. Or le capitalisme pur et libéral est l’antithèse, le pire ennemi du pouvoir.

Pour revenir aux lobbies et groupes de pression, leur critique systématique prend évidemment une autre teinte une fois l’analyse précédente en tête. Le terme ne veut plus rien dire puisqu’il ne montre qu’un des deux côtés du scandale. On imagine ainsi souvent des groupes de diplômés allant à l’assaut des députés européens pour favoriser un texte de loi à venir au profit de l’entreprise ou du secteur d’activité qu’ils représentent. Et on aura raison, mais à condition de ne pas oublier les députés.

Et de même il ne faut pas oublier toutes ces communes où les associations sportives ou culturelles vantent leurs charmes aux conseillers municipaux dans l’espoir d’obtenir qui une salle qui une subvention, ou l’usage d’un terrain de sport. Les lobbies et groupes de pression sont partout où il y a pouvoir, mais ils ont toujours en face d’eux les bureaucrates qui les nourrissent et qu’ils nourrissent. Ils ne sont que la simple conséquence de la structure étatique de notre société. Si, pour atteindre un objectif qui devrait normalement n’être que d’ordre économique il faut passer par les méandres de la bureaucratie, est-ce la faute des acteurs économiques ou plutôt celle des bureaucrates ?

L’exemple a été pris de Monsanto, qui par son lobbying à Bruxelles se construirait ainsi un monopole. L’analyse précédente montre qu’aucune entreprise, aussi grosse soit-elle, ne peut seule se construire un monopole. C’est au bout du compte les élus et eux seuls qui portent la responsabilité d’avoir laissé rédiger et proposer, puis de voter des textes (lois, décret, directives ou autres) qui établissent le monopole en question. Aucune entreprise ne peut disposer d’un monopole sans une loi, votée.

A cette lumière, Monsanto tente sa chance et clairement cette démarche est le signe d’un manque de scrupules et d’une moralité peu recommandable. Certes. Mais il demeure que ce n’est jamais Monsanto qui établit les lois dont cette entreprise profite. Les dirigeants de Monsanto – ou de toute autre entreprise pratiquant le capitalisme de connivence – sont des gens de peu de scrupule, mais qui ne peuvent rien sans la « bienveillance » des « agents » en place leur octroyant ces monopoles.

Certains défendent les bureaucrates qui, souvent mal payés, finiraient par céder devant les offres alléchantes des « sales capitalistes ». Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas acceptable pour autant. Et c’est pour cette raison même que les libertariens considèrent que la meilleure façon – la seule en fait – de régler la question de la corruption, consiste à supprimer intégralement toute bureaucratie. Ce faisant, capitalistes scrupuleux ou pas, il n’y aura plus de tentation à acheter un privilège, puisqu’il n’y aura plus de privilège ou de bienveillance issue de taxes et autres abus de pouvoir à monnayer.

Citations

« Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue. » -- Lord Acton

« Plus l’État est corrompu, plus il y a de lois. » -- Tacite, Annalium, III.

« La pire des lois reste meilleure que la tyrannie bureaucratique. » -- Ludwig von Mises

« "Il y a un paradoxe : un pays peut être énormément étatisé sans être gouverné. La France est un pays sur-étatisé mais sous-gouverné. » -- Jean-François Revel

Tuesday, October 10, 2017

Le journalisme, quatrième pouvoir ?

En théorie, selon la légende, le journalisme serait le fameux « quatrième pouvoir », celui de notre information et donc la source de la vigilance indispensable envers les autres pouvoirs. C’est un rôle essentiel dans une société disposant de quelque liberté. Or la crise des médias fait rage depuis une vingtaine d’années, largement due à la concurrence du numérique et du web, mais pas uniquement. A ce titre, le phénomène de Facebook et des blogs personnels a également bouleversé le paysage et les conventions en matière de métiers et de marché de l’information. Sans compter bien d’autres nouveautés et facettes encore, comme les encyclopédies en ligne et la messagerie instantanée.

Ce phénomène du bouleversement des médias n’est pas en soi une attaque ou remise en cause du journalisme, ce n’est qu’une mise en concurrence des médias au sens littéral, au sens du support vecteur de l’information. Internet et le web viennent casser l’organisation historique des journaux locaux en rendant négligeable le coût d’accès à n’importe quel journal online à l’autre bout du monde. Mais il faut encore des journalistes pour créer le contenu des journaux en ligne – ou papier ?

On a donc une révolution en matière de concurrence. La mise en ligne des journaux fait que chacun a soudain un choix de lecture considérablement multiplié. Là où l’on pouvait choisir entre 5 à 10 quotidiens, on dispose soudain de centaines de titres pour peu qu’on parle 2 ou 3 langues. Ce faisant, les mauvais disparaissent, et c’est tant mieux. Mécaniquement, le nombre de journalistes suit la baisse du nombre de titres. Vient en plus la concurrence des blogueurs, des « nouveaux médias » et réseaux sociaux. Puis vient la seconde concurrence, celle du contenu, question plus fondamentale.

La qualité et la pertinence du contenu est déterminante, les blogs et autres nouveautés numériques ne changeant rien à ce critère. C’est là l’enjeu de la concurrence à l’échelle mondiale du marché de l’information. C’est d’une grande banalité : le journaliste n’est qu’un acteur économique comme les autres. On décide d’investir dans une lecture. Il faut donc qu’on y voit un intérêt. Et le journaliste ou blogueur doit répondre à cet intérêt. Et le quatrième pouvoir dans tout cela ?

Le terme de journaliste recouvre en fait des rôles, fonctions, activités, qualités très variées et très différentes, qui vont de la simple reprise d’annonce d’agence de presse à l’éditorialiste à la limite du philosophe en passant par l’animateur de shows médiatiques. Le blogueur dans cette réalité n’est qu’une nouvelle variante pour le lecteur. Le fait que l’un ait une carte de presse, soit passé par une école de journalisme et probablement pas l’autre ne change pas grand-chose à l’affaire. In fine, il transmet une information qui répond ou pas à une attente des lecteurs. Le lecteur ne juge qu’à travers le prisme de la qualité de la réponse à son attente, pas celui du statut – ou rarement. Son rôle réel, non idéalisé, n’est donc pas un contre-pouvoir, mais une source d’informations qualifiées.

Le journalisme, collectivement, peut plus probablement jouer ce rôle de quatrième pouvoir. Mais à condition d’être véritablement indépendant des autres pouvoirs, justement. Or aujourd’hui, en France mais aussi à bien des égards à l’étranger, le journalisme collectivement ne joue plus son rôle d’aiguillon du pouvoir, et depuis très longtemps. Depuis que les subventions le musellent. La mode est même à aiguillonner le capitalisme à la place – ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais le problème c’est d’oublier le reste. Il est ainsi frappant que la presse ne s’intéresse désormais plus à la liberté des Lumières et se trompe à ce point en matière d’égalité, pour être à « 94% de gauche » (Référence à un article paru dans Libres ! et à un sondage publié par Marianne, le 23/04/2001).

Le rôle du journalisme consiste donc à vendre de l’information à qui veut l’entendre. Point. Ce n’est pas de servir de manière institutionnelle ni de manière garantie de « quatrième pouvoir », qui serait l’aiguillon du pouvoir, justement. Il n’y a pas de rôle institutionnel du journalisme et c’est très bien – les gens peuvent et même doivent ainsi réfléchir par eux-mêmes. Libres des infos subventionnées.

En fait, ce contre-pouvoir supposé réside désormais dans la liberté et l’indépendance des autres « pouvoirs » qu’Internet et son marché libre de l’information offrent. Pourvu que ça dure.

Une crainte que beaucoup expriment tient à la garantie de compétence qui serait associée à la formation du « journaliste ». Vu le constat s’agissant du journaliste moyen, cette « garantie » semble loin d’aller de soi. Si en France il y a des écoles de journalisme, avec en point d’orgue l’orgueilleuse Science Po, ce n’est pas la règle partout et cela ne semble pas empêcher les pays du monde d’avoir des journalistes – plus ou moins – dignes de ce nom. La compétence dans ce domaine comme dans d’autres se voit au pied de l’ouvrage et se juge par ses pairs et surtout par le marché. Heureusement, il y a de nombreux autodidactes devenus de grands journalistes, la compétence suit divers chemins.

De plus, le cas de Science Po est proche de la caricature. Quand on voit combien de journalistes en France sont profondément incompétents en matière de sciences politiques et surtout d’économie, on en vient à douter de l’intérêt de les avoir faits passer par ce sanctuaire d’un modèle dépassé.

L’autre grande question, directement liées à la précédente, touche aux critères qui font la confiance accordée aux informations. En pleine période post-campagne Clinton-Trump, le sujet des fameuses « fake news » est un sujet brûlant, où même les réseaux sociaux contribuent au trouble. La réponse est assez simple en fait, et dépend peu du simple vecteur qu’est le journaliste : il n’y a aucun moyen systématique de distinguer les faux, sauf exceptions. Mais il est important au moins de savoir faire le lien entre la catégorie de l’information et l’attitude et la démarche à avoir envers sa vérification.

Par exemple, la majorité des « journalistes » sont formés à penser que tout le domaine de la théorie économique n’est pas une science et donc que tout y est relatif et largement fondé sur des opinions d’experts plus ou moins clairvoyants. Or il n’en est rien, la théorie économique autrichienne est tout ce qu’il y a de scientifique. Or les journalistes, mal formés, n’en soupçonnent même pas l’existence.

Et lorsqu’un journaliste est ainsi surpris à dire trop souvent des bêtises, il finit par perdre la confiance de ses lecteurs. Ce n’est pas plus compliqué. Ainsi, un journal porte une marque – Le Canard Enchaîné, par exemple. Cette marque est porteuse de confiance et chaque article de chacun de ses journalistes vient entretenir – ou ternir – cette image, chaque jour. La compétence fait tout.

Enfin, il convient de s’inquiéter de la pluralité et de l’indépendance des capitaux qui financent. Le risque n’est pas tant qu’un « journaliste » dise du bien de Microsoft, de Google ou de Total si ceux-ci le financent en partie. Ce serait de la publicité sous un autre nom, et le tricheur sera vite repéré. Par contre, celui qui flatte un Hollande, un Mélenchon voire un Lénine est un plus clair danger. Et c’est dans ce domaine de la collusion avec le politique que la question des finances est la plus aiguë.

Le problème financier du journalisme n’est pas son indépendance des capitaux privés, mais son indépendance des subventions étatiques qui ligotent sa critique du pouvoir politique. Or quand on regarde la part des subventions dans les revenus de la presse en France, on a vite compris qu’il n’est possible d’imaginer aucun média « mainstream » en capacité de critique du pouvoir. Quelle surprise.

Citations
« Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. » -- John Fitzgerald Kennedy

« Si l’on était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. ... l’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. » -- Milan Kundera

« En des temps de tromperie, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » -- Georges Orwell

« Dans la Pravda, il n’y a pas la vérité, dans les Izvestia, il n’y a pas les nouvelles. » -- Proverbe soviétique

« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » -- Coluche

Sunday, October 8, 2017

Intimité sur le Net : Protection des données personnelles ?

L’arrivée de l’informatique, puis celle d’Internet et l’explosion du web et des réseaux sociaux ont fait le renouveau de la question, éternelle, du risque d’abus, voire de violence, envers l’individu suite à l’accès de malveillants à des informations sensibles le concernant, ses « données personnelles ».

Or, si ce risque est réel et croissant avec la puissance de recherche des réseaux, il est souvent très mal compris et très mal exposé. Comme l’affaire Edward Snowden l’a récemment montré, le méchant n’est pas forcément celui qu’on pense, ou surtout, pas toujours celui qu’on nous présente.

Il n’y a qu’un nombre limité de pays qui disposent de lois en matière de « protection des données personnelles ». Les affaires connues (Snowden, Prism, fichiers policiers) montrent que ce n’est pas toujours, loin s’en faut, dans ces pays-là que la question semble la mieux réglée. Quelle surprise !

La plupart de ces textes commettent des erreurs profondes de conception, à plusieurs niveaux. En France, la loi s’obstine à tenter de caractériser une donnée sensible, alors que seule la personne concernée ou celle manipulant ses données peuvent en connaître toutes les facettes et les risques associés. Presque partout, on s’obstine à établir des moyens de protection, mais qui sont trop précis pour pouvoir suivre les évolutions technologiques ou géographiques. De plus, on rend inefficaces les techniques de protection les plus performantes – le chiffrement – sous de faux prétextes de raison d’état. Enfin, tous ces textes tendent à déresponsabiliser les entreprises et les administrations par un glissement de leur pleine responsabilité envers leurs clients vers une conformité envers des textes arbitraires et figés, alors que la sécurité n’a de sens que dans le cadre dynamique du service rendu.

Mais surtout, toutes ces lois inversent la logique. Elles se trompent de menace – et c’est flagrant en France. Car le risque ne vient jamais de l’abus que les sociétés commerciales peuvent faire de l’accès à nos données : je ne crains pas qu’un supermarché me propose des produits sur mesure, bien au contraire. Ni même qu’une entreprise pharmaceutique me propose un nouveau médicament adapté à ma maladie. Par contre, je n’aimerais pas que la police ait accès à mes données de localisation. Il ne faut jamais l’oublier, l’ennemi, le seul, c’est l’état. C’est de lui qu’il s’agit de protéger nos données.

Ainsi, en France, la CNIL est supposée veiller à la protection de mes données. Mais elle ne le peut pas, et en réalité ne le fait pas. Ses fondements sont triplement erronés. Elle tente de caractériser a priori ce qui ferait une donnée personnelle – téléphone, adresse IP, adresse postale, etc. Or seul l’individu, ou l’organisation exploitant ses données, peut savoir ce qui les caractérise. Ma fille a une maladie orpheline ; elle sait en réalité mieux que 99% des médecins quelles informations pourraient conduire à sa mise en danger éventuelle. Dans la santé, aucun juriste ne pourra jamais tout imaginer.

La CNIL tente d’exiger des mesures de protection, par exemple quant au pays où se trouvent les données. Qu’on m’explique, alors que nos données se trouvent tout simplement n’importe où, en quoi le pays apporte quoi que ce soit à la sécurité, vue d’un individu ? Se faire « voler » ses données serait moins pénible au soleil de France ? Non seulement cela ne protège en rien, mais cela accroît le risque d’immixtion par l’état local. Et comme toute mesure protectionniste, cela crée des surcoûts pénalisant les prestataires et en bout de chaîne la sécurité des clients, ou le coût. Moins on laisse la concurrence jouer, moins le marché est poussé à améliorer sa sécurité par la pression de la clientèle.

Surtout, la CNIL ne peut rien contre le politique, dont elle est le bras. On ne compte plus le nombre de fichiers plus que suspects mis en place par le pouvoir contre lesquels la CNIL n’a rien fait d’autre que fermer les yeux – parce qu’elle n’a pas le pouvoir ni l’indépendance pour s’opposer aux élus.

On rencontre bien des inquiétudes sur les réseaux de la part de gens qui apportent crédit aux lois et organisme étatiques, du moins à la tendance à la progressive mise sous tutelle légale du Net.

Un des premiers prétextes est relatif à la disparition de toute confidentialité sur le Net – surtout depuis l’ouverture généralisée des systèmes sur et via Internet. Or le Réseau n’a pas été « sécurisé », car cela n’a jamais été son rôle, son objet. Internet est un simple réseau de transport, très basique et élémentaire, et cela par volonté et par conception. C’est un réseau ouvert, ce qui précisément fait sa force, car cela a permis une interconnexion aisée et donc universelle des systèmes et applications. En contrepartie, c’est à leur niveau que doit se sécuriser la donnée, car c’est là que la sécurité a du sens.

Or la sécurité, donc la confidentialité ou l’anonymat, n’est pas un besoin homogène des données. Certaines données doivent être accessibles par tous, d’autres seulement par certains groupes et d’autres encore par leur seul propriétaire. C’est en réalité à chaque application et donc à chaque entreprise ou organisme concepteur ou responsable des données de prendre la responsabilité de configurer une sécurisation adaptée – et toutes les solutions technologiques existent pour cela.

Un des grands prétextes, dès son origine, à créer la CNIL et depuis à produire de la législation, porte sur la crainte que les entreprises risquent d’abuser de nos données personnelles. Cette idée est un mythe, du moins le risque est-il sans commune mesure avec le risque d’abus par les états – et on le voit bien à l’analyse de l’origine des grands mouvements « cybercriminels » de ces derniers mois. L’entreprise privée pourrait donc durablement abuser ses clients ? Quel est donc le danger concret ?

On peut imaginer que Carrefour triture la masse de données d’achat dont ils disposent à mon égard pour me proposer d’acheter certains produits. Et alors ? Je peux même imaginer qu’on utilise mon génome pour me proposer des médicaments. Mais de même, quel est le risque ? Que j’achète ce que je ne devrais pas ? Qu’ils le fassent savoir à tout le monde ? Quel intérêt pourraient-ils bien avoir ? Ah oui, celui, comme Apple, de faire plaisir ou d’obéir au gouvernement ou aux bureaucrates ? Certes, mais le danger est dans ce cas dans l’abus que fait le gouvernement, malgré les lois.

Le risque de « dérapage » de la part d’une entreprise, ou d’un de ses agents, existe bien sûr et il existera toujours – le risque zéro n’existe pas. Il est de ma responsabilité propre de m’en prémunir, par exemple via une assurance, ou en exigeant de ces entreprises qu’elles sécurisent mes données. Par contre, si la police me suspecte ou simplement cherche les conducteurs qui ont dépassé la limitation arbitraire de vitesse sur autoroute, il vaudrait mieux qu’elle n’ait pas accès aux données de routage de mon téléphone portable, par exemple. Ces questions portent un danger bien plus réel.

Autre grand domaine de crainte, le « Cloud Computing » et son flou suscitent beaucoup de questions notamment juridiques. Comme le phénomène du « Big Data », cette famille de nouveaux paradigmes implique une perte de la maîtrise traditionnelle sur le contrôle direct des données. On voit arriver ainsi très vite un monde où l’accès à des données à l’échelle du monde entier rendra potentiellement possible pour tout le monde de trouver tous les renseignements imaginables sur chacun de nous.

Mais il n’y a là aucun danger nouveau ni aucune réponse nouvelle à apporter. La meilleure manière de ne pas pouvoir trouver des données sensibles, c’est qu’elles ne soient pas sur le Net ou du moins si elles y sont, qu’elles soient protégées à la source. Par exemple, beaucoup s’inquiètent qu’il soit possible de trouver facilement leurs anciennes photos. Ou leurs méfaits. Ou leurs dires. Mais il ne fallait pas les publier, tout simplement. Une donnée se sécurise en amont, toujours. Après, trop tard.

Citations

« Si vous ne voulez pas que votre vie privée soit violée, ne soyez pas l’auteur de cette violation et ne devenez pas la victime d’une version modernisée de « l’Arroseur arrosé ». -- Roseline Letteron, Professeur de droit public, Université de Paris-Sorbonne

« Lorsque vous dites 'le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n'ai rien à cacher', cela ne fait aucune différence avec le fait de dire 'Je me moque du droit à la liberté d'expression parce que je n'ai rien à dire', ou 'de la liberté de la presse parce que je n'ai rien à écrire'. » -- Edward Snowden

« Aucun système de surveillance de masse ayant existé dans une société, dont on ait connaissance à ce jour, a échappé à des abus. » – Edward Snowden

« A conflict is only possible if goods are scarce. » (Un conflit n’est possible que lorsque les ressources sont rares.) – Hans Hermann Hoppe, The Ethics and Economics of Private Property

Saturday, October 7, 2017

Il y a toujours 50% de riches et 50% de pauvres

On nous rebat constamment les oreilles de trop de « riches » et surtout de trop de « pauvres ». Pourtant, personne ne se dit jamais « riche » et la plupart des gens se diront plutôt proches ou sympathiques des « pauvres ». Alors, qui est « riche » et combien comptons-nous de « riches » ?

Avez-vous remarqué qu’à part quelques personnalités qui d’ailleurs s’en défendent, il y a très peu de « riches » et que nous nous pensons tous comme les « pauvres » de quelqu’un ? Je suis certainement plus « pauvre » que feue Liliane Bettencourt, mais elle-même fut une misère comparée à un Bill Gates ou à un Jeff Bezos, le nouveau lauréat du très temporaire record de la fortune personnelle.

Certes, mais des vrais « pauvres », cela existe et ne peut être contesté, n’est-ce pas ? Il est vrai qu’on voit de nombreux SDFs dans le métro. Mais sont-ils plus ou moins « pauvres » que ces gens qui survivent au fin fond des forêts amazonienne ou de Nouvelle Guinée ? Ou dans les nombreux bidonvilles de ces pays au soleil où la misère serait moins pénible ? A voir le nombre de SDF munis d’un téléphone ou d’un animal de compagnie, la question, même si déplaisante, fait… question.

Il se pourrait donc bien qu’un « pauvre » chez nous ne soit pas si « pauvre » ailleurs ». Ou à une autre époque : pendant la Seconde Guerre, l’immense majorité des Français en ville ne mangeaient pas à leur faim. Comme hélas bientôt la majorité des Vénézuéliens – le pays des amis des « pauvres » ?

On nous parle de « riches » et de « pauvres », mais ni les uns ni les autres n’existent. Personne ne porte en clair sur son état civil le qualificatif de « riche » ou « pauvre ». On nous affirmera que le nombre de zéros du compte en banque reste quand même une mesure objective de la « richesse ». Sauf que ceux qui avancent cet argument se veulent souvent en même temps non matérialistes, et qu’il n’y a pourtant rien de plus matérialiste que de ne mesurer la « richesse » en euros ou dollars.

La « richesse » est dans les esprits, nous dira-t-on. Ou bien, la chanson nous dit qu’on n’est « riche que de ses amis ». Alors, ça veut dire que tous mes amis sont « riches » aussi, et les autres sont tous « pauvres » ? Même si les gens que je n’aime pas ou que je ne connais pas ont des amis eux aussi ?

Finalement, on le voit bien, la seule manière objective de compter qui est « riche » ou « pauvre », c’est par 50% : couper la population en deux parties égales : la moitié des plus « riches » d’un côté » et la moitié des plus « pauvres » de l’autre. Deux parties égalent en nombre, parfait ! Mais inégales en « richesse », mince. Comment faire ? 50%, oui, voilà ! Chacune des deux moitiés peut être encore coupée en deux. Et ces deux moitiés coupées encore, et encore. Décidément, la « richesse », c’est 50% évident et 50% compliqué. Il vaut mieux être « pauvre », peut-être, c’est bien plus simple.

Même Insoumis, les députés nuisent aux pauvres

Les dernières législatives ont vu entrer tout une vague de rigolos au sein de l’assemblée dite nationale, dont les quelques députés se revendiquant « Insoumis » sont probablement les plus remarquables par leur ubuesque. Tous mélenchonistes, ils se veulent venir en l’hémicycle pour défendre les pauvres, les travailleurs et en vrac tous ceux qui rougissent à la vue d’un « riche ».

Rappelons à quoi sert un député, en cette « république » : voter des lois. Dans cette démocratie, cette fonction, ce privilège législatif est probablement ce qui est vu comme le plus noble. Le député bénéficie d’ailleurs d’une immunité qui illustre bien à mon avis le pinacle où le système le pose.

Pourtant, il n’y a rien de plus immoral que de voter des lois, rien de plus liberticide. Une loi, c’est une contrainte conçue par une poignée d’incompétents, le plus souvent idéologues et dogmatiques, qui vise à imposer ledit dogme à une population qui n’en veut pas, puisqu’elle n’a pas déjà auparavant spontanément choisi d’en suivre la « vision ». Voter une loi consiste donc à se parer d’une légitimité d’apparat et factice pour imposer au citoyen ce dont il ne veut pas – sauf peut-être une minorité.

Il y a cependant une exception à ce raisonnement, qu’il faut souligner et rappeler tant elle est peu mise en œuvre dans les faits : le vote pour abrogation. Les rares fois où un député vote pour abroger une loi, il inverse la logique précédente et de ce fait libère un peu ses citoyens. Une figure célèbre de cette doctrine libérale est sans doute Ron Paul aux Etats-Unis, connu comme « Dr. No » parce que durant sa longue carrière à la Chambre des Représentants, il n’a voté que pour alléger la loi.

A cet égard, les « insoumis » sont spécialement avides de lois. S’ils avaient la majorité à la Chambre, ils auraient tôt fait de légiférer pour rigidifier qui le code du travail, qui la fiscalité, qui le système de santé et de « protection sociale », et bien d’autres domaines sans aucun doute. Mélenchon parle de notre bonheur et veut le faire au point où il nous soit insoutenable, comme dans l’œuvre d’Ira Levin.

Or ce que ces députés ne voient pas, ou ne veulent pas voir, c’est que plus il y a de lois, plus les coûts sociaux explosent. Pour mieux le voir, imaginons une petite entreprise, une de celles qui font le tissu social et qui sont à l’opposé des multinationales détestées par les insoumis. A chaque nouvelle loi, le patron est face à un dilemme. Ne pas se mettre en conformité et prendre le risque d’une amende ou pire d’une condamnation. Ou engager du temps et des frais pour se mettre en conformité. Dans les deux cas, c’est du temps et de l’argent perdus, donc de l’appauvrissement et donc une capacité moindre à payer et récompenser des salariés. Ou alors, ce sont des produits plus chers, ce qui pénalise in fine le « pauvre » bien plus que le « riche ». Le pauvre perd toujours au jeu du social.

La même chose est vraie de la multinationale, elle aussi doit dépenser pour sa conformité. Mais la grosse entreprise est mieux organisée, elle sait se défendre, et en proportion de son chiffre d’affaire, les surcoûts sont moins pénalisants. La loi renforce donc la multinationale, bien plus que la PME.

De plus, dans ce phénomène de renforcement des grosses entreprises par la loi, le gauchisme pousse l’employé hors de la PME, où la dimension humaine rend le dialogue social possible, vers de grosses machines où les processus de « ressources humaines » ressemblent plutôt à un dialogue de sourds.
Bien sûr, l’argument « insoumis » consistera à contester cette logique économique. Le salaud reste pour eux le patron qui refuse de prendre sur sa propre rémunération les coûts mis en avant. Logique imparable, il faudrait plus de petites entreprises, mais qui soient libérées de leurs salauds de patrons.

On comprend donc le paradoxe, pour ne pas dire la schizophrénie ou le mensonge que présentent les insoumis, tout comme l’immense majorité de tous les thuriféraires de la législation et des lois. Sous le prétexte de vouloir aider et sauver les pauvres et les démunis, ils votent des lois qui ne peuvent que réduire l’espace économique et social où les « faibles » pouvaient encore évoluer. De deux choses l’une. Soit les députés et les insoumis en particulier sont spécialement sots pour ne pas voir cette chaîne de conséquences ; soit leur intelligence qui les a mis en poste est cachée par une couche de malhonnêteté intellectuelle et morale qui justifie à elle seule de condamner la fonction législative.