Thursday, December 14, 2017

La Poste : un service de + en + timbré !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Avec des militants anticapitalismes en leur sein, il faut s’attendre à tout venant des directions des administrations ou entreprises publiques. Ainsi la Poste vient de révéler que : « Le prix du timbre pourrait augmenter de 24% en 5 ans ». La raison ? « La Poste viserait ainsi à compenser la baisse du nombre de lettres envoyées ». Grâce à Internet et aux emails, les échanges de courrier ou de documents, dématérialisés, sont plus rares. Mais ce n’est pas elle qui s’adapte, mais nous par le prix !

Tout chef d’entreprise aimerait pouvoir raisonner ainsi : « Tiens, j’ai une baisse de mes commandes ; hop, il me suffit d’augmenter le prix de mes produits ou services. » Tout citoyen normalement constitué sait que s’il agissait ainsi, notre chef d’entreprise verrait inéluctablement ses clients se tourner vers les concurrents plus compétitifs. Ah, cette vilaine concurrence qui donne aux clients égoïstes des prix toujours plus bas. Ah, ce vilain marché qui oblige l’entreprise publique à rester compétitive et à innover pour répondre au besoin des citoyens et exerce la pression sur les revenus.

Il est effectivement facile d’augmenter les prix quand on dispose d’un monopole : mais comment savoir le juste prix, le juste niveau du service si la concurrence n’est là pour corriger les errements des (ir)responsables ? Ne serait-ce pas plutôt « grâce » au marché que nous pouvons éviter les pires dérives ? N’est-ce pas « grâce » aux prix de plus en plus bas que tout consommateur peut s’offrir les produits et prestations adaptés à son besoin en fonction de ses priorités d’achat ? N’est-ce « grâce » à la multiplication de l’offre que le nombre de producteurs s’accroît et donc le potentiel d’emplois ? Seul un marché libre est en mesure d’offrir de telles perspectives, jamais un monopole de l’état.

D’ailleurs, partout où l’état intervient, l’augmentation des prix est visible, car il n’en a jamais assez. Incapable d’innover, comme la Poste, l’état, c’est la raréfaction de l’offre, et donc la réduction des vrais emplois. C’est le cercle vicieux où est tombé la France en donnant un pouvoir abusif à des bureaucrates croyant pouvoir faire fi des lois économiques. Issus du sérail administratif, ils ignorent ce la prise de risques sur le marché, mais donnent à longueur de journée des leçons sans rapport avec une économie saine. Et ils augmentent le timbre car ils ne savent pas faire d’économies.

Ainsi, la quasi-totalité de leurs décisions économiques conduisent à détruire les emplois. A grands coups de réglementations liberticides, les décisions ministérielles enfoncent un peu plus le pays dans le déclin. Les dépenses quotidiennes liées à des emplois administratifs inutiles dans la fonction publique ne peuvent plus être couvertes par les prélèvements. C’est le règne de la dépense forcée qui n’en finit plus. Il est amusant de constater que ceux qui n’ont de cesse de dénoncer le marché comme une jungle nous démontrent que trop de réglementation conduit à l’arbitraire économique.

L’état dit avoir besoin de plus d’argent pour ses dépenses, et hop, sa seule et unique solution, c’est de ponctionner sans vergogne un peu plus les citoyens. Ça ne vous rappelle rien ? Quand le roi dépensait plus que de raison ? Et hop, il s’offrait soit une descente dans les villages pour spolier les pauvres serfs, soit une petite guerre pour voler d’autres peuples ! Belle civilisation que voilà.

Pour la Poste, il parait que le successeur du responsable actuel, qui a confirmé son départ, pourrait faire d'autres choix stratégiques. Au moins souhaitons-lui d’être un peu plus réaliste sur l’activité de son entreprise pour l’adapter au marché avant que ce ne soit le marché qui ne l’y oblige.

Wednesday, December 13, 2017

Et si… l’éco-taxe révélait l’éco-nnivence ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Sans l’économie libre, ceux qui dirigent état et collectivités locales ne disposeraient d’aucun revenu, revenus que le politicien n’a jamais su asseoir que sur la coercition de la société. Le financement de l’état n’est ainsi pas assis sur une règle consentie, mais sur une obligation via la multitude d’impôts et taxes, tous authentiques « vols légalisés ». L’homme est transformé en machine à payer des sommes arbitraires contre son libre choix. Est-ce là vivre dans une société humaine, apaisée et épanouie ?

L’utilisation de la force contre les gens honnêtes est contraire aux principes des droits de l’homme et du citoyen (liberté, propriété, sécurité et résistance à l’oppression). Le rôle de la force publique n’est que d’assurer le droit en n’utilisant cette force que contre ceux qui violent le droit et non contre le citoyen honnête. La politique devrait se limiter à définir les limites des institutions pour éviter l’abus de pouvoir. Or l’état, ou plutôt le système politique, s’est arrogé un droit d’intervention en instituant une « économie forcée » à la place du laissez-faire naturel. Comment respecter et avoir confiance en un système où celui qui doit protéger devient le premier agresseur : créateur de lois liberticides, spoliateur de biens, source d’insécurité des citoyens et des entreprises, et oppresseur fiscal ?

La fiscalité est volontairement incompréhensible : la complexité et l’opacité offrent à ceux qui les entretiennent de grasses ressources, sans aucun mérite et dans la discrétion. Depuis la Seconde guerre mondiale, elle satisfait un système bureaucratique archaïque qui broie la société et qui favorise un modèle économique bâtit sur le « capitalisme de connivence » : il se nourrit à travers subventions, niches fiscales, endettement public, inflation et monnaie de singe en faisant main basse sur l’argent du marché libre. La manière dont la très grande majorité des politiques s’expriment d’ailleurs sur la mise en place ou l’augmentation d’une taxe ou d’un impôt en dit long : elle (il) « rapportera à l’état » ! Le grand perdant, c’est l’homme, le citoyen, qui pourtant sert de prétexte !

L’éco-taxe est l’exemple parfait de ce que j’évoque : une société privée, « Ecomouv’ », a été mise en place pour répondre aux demandes de l’état, pas à celle des citoyens, qui n’ont rien demandé. Elle est contrôlée majoritairement (70%) par une société italienne, le reste du capital étant détenu par des sociétés dont la connivence sur les marchés d’état français est manifeste, au profit de privés privilégiés : Thales possède 11% du capital d’Ecomouv’, SNCF 10%, SFR 6% et Steria 3%.

Le long fleuve tranquille que les politiciens ont tissé au fil des ans arrive à l’embouchure où l’eau douce devient saumâtre mais n’est pas encore salée. Salée, l’addition qui se profile va l’être. Elle sera le résultat de cette fiscalité pléthorique et instable qui confisque progressivement l’argent de l’économie libre au profit de l’économie forcée – on sait depuis combien ce projet a dérapé…

Seul le libre choix détermine si un bien ou un service s’échange à un prix vraiment consenti entre l’acheteur et le vendeur. Le don volontaire est aussi un libre choix. Mais le vol étant un acte non consenti, le voleur est punissable : le droit doit le sanctionner. Mais c’est le voleur qui fait les lois.

Ainsi « l’état interventionniste » crée l’injustice : il punit les honnêtes citoyens par taxation ou imposition en les contraignant à payer des services qui n’ont rien de légitime. C’est de la violence permanente. Et la violence finit par conduire à plus de violence encore.

Tuesday, December 12, 2017

Hôtels de département et de région

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Chaque fois qu’à Toulouse on longe la Garonne vers Empalot ou le Canal du Midi vers les Minimes, on peut admirer les chefs d’œuvre d’architecture administrative que sont les hôtels de département et de région. Surtout le bâtiment du conseil général dont les deux menhirs – obélisques ? – à l’entrée évoque la grandiloquence d’un Karnak dont le pharaon aurait plus d’ambition que de moyens…  De plus, ces deux ensembles n’en finissent pas de se voir agrandir. Il faut croire que la population qui les occupent connaît une démographie galopante. Avec l’argent des autres, il est facile de s’agrandir.

Bien des « économistes » nous diront que ces travaux de construction et d’agrandissement sont une source importante de croissance et de revenus pour les entrepreneurs locaux. C’est oublier que les fonds qui ont servi à payer ces entreprises ont au préalable été prélevés sur la population qui aurait pu en faire autre chose de plus utile. La croissance n’a donc pas été créée, elle a en fait été usurpée.

Les deux « hôtels » sont habités de fonctionnaires dont le nombre croît en gros avec la surface de bureaux. Il y a peut-être quelques contractuels ou stagiaires, mais ils restent payés avec nos impôts. Là encore, de prime abord on pourrait croire qu’il a croissance par création d’emplois, et c’est d’ailleurs ce qu’exprime le calcul du PIB de nos jours, puisqu’il intègre la « production » publique.

Mais en réalité il n’en est rien, bien au contraire. Par statut aucun fonctionnaire n’a jamais produit la moindre valeur et n’en produira jamais. Les cris que cette affirmation provoquera n’y changeront rien. Pour qu’il y ait valeur et donc richesse, il faudrait d’abord qu’il y ait commerce volontaire. On n’attache en effet de valeur qu’à ce qu’on est prêt à payer. Donc que chaque fonctionnaire produise des produits ou services qui soient spontanément demandés par les consommateurs. Qu’on me cite un seul service de ces collectivités pour lequel M.Dupont serait prêt à payer, spontanément.

On m’opposera que la région comme le conseil général produisent en réalité de nombreux produits et services et sont donc une forte source de richesse collective. Pour appuyer ces dires, leurs sites web vantent leur action dans les domaines du transport, de la culture, l’aménagement du territoire, l’enseignement, la formation et l’écologie. Mais quels services se cachent derrière la propagande ?

Des subventions, des « droits sociaux », des services publics. Les subventions perturbent l’économie, les « droits » perturbent la méritocratie, les deux redistribuent des sommes prélevées sur la richesse justement acquise. Les services publics sont les seuls candidats à une éventuelle valeur, mais qu’en est-il vraiment ? Prenons le cas simple des transports en commun. Seriez-vous prêt à payer le prix de ce qu’ils coûtent vraiment ? Si votre réponse est « non », alors il n’y a ni valeur ni source de richesse.

Mais revenons aux bâtisses. Elles occupent de vastes terrains en plein Toulouse, des terrains qui pourraient rapporter beaucoup sur le marché de l’immobilier. A l’heure de dettes nationale comme locales dignes des plus belles cavaleries financières, il pourrait être astucieux de revendre et libérer ces terrains pour aller vers des espaces moins nobles mais moins dispendieux pour la collectivité.

Rappelons qu’avant la décentralisation voulue par Gaston Deferre en 1982, il n’existait pas de région Midi-Pyrénées et que le conseil général de Haute-Garonne avait un champ d’action bien plus réduit. Cela n’avait pas semble-t-il empêché Toulouse d’être déjà une ville – bien plus – prospère. Depuis 30 ans, au moins la « décentralisation » aura-t-elle permis aux pharaons locaux d’exprimer leurs egos.

Et si… on séparait politique et économie ? (2/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Avez-vous noté que l’homme politique s’est pris d’affection pour le miséreux ? Mais, ouf, avant de se pencher sur le sort de la misère du monde, il a bien pris soin de se mettre lui-même à l’abri : il se sent si indispensable que « politicien » est devenu un métier. Via la pseudo légalité, l’homme de pouvoir ne ressent aucune once de culpabilité à taper dans la caisse des fruits du travail des autres. Ainsi est née la religion d’état au concept singulier : le vol des plus « riches » que soi est devenu « l’égal ». Peu importe si les pauvres restent pauvres, tout est prétexte à intervenir pour appauvrir les plus riches.

Cette forme de croyance et ses variantes s’appellent « socialisme ». N’entrons pas dans ce débat clos depuis 1922, lorsque Ludwig von Mises démontra de manière brillante dans son immense ouvrage « Le Socialisme » qu’aucune forme de cette idéologie ne peut réussir durablement, faute de liberté.

A l’aune du centenaire de la FED, aucune des expériences socialistes (nationaliste, internationaliste, communiste, gaulliste, social-démocrate, etc.), qui toutes supposent les hommes politiques capables d’intervenir valablement dans l’économie, n’a résisté à l’épreuve du temps. Avant que cela ne tourne au vinaigre, il y a urgence de tirer la conclusion que Ludwig von Mises avait dégagée : se libérer de la croyance que l’homme politique ferait le bonheur de tous. Car en réalité, il fait le malheur de chacun.

Le miséreux, c’est celui qui a des difficultés à participer aux échanges humains, qui a du mal à valoriser sa propre personne au sein de la société humaine. Ou que le système rejette. Peu importe les causes. Et le constater ne doit pas servir de fausse justification au vol fiscal ni à l’inflation législative. La générosité, le don et les associations caritatives sont en mesure de venir à son aide.

Brider les échanges économiques de tous pour cause de la misère de certains, c’est refuser de voir que beaucoup sortent de la misère grâce au libre-échange. Penser que la prospérité vient de l’action politique, c’est nier la liberté de l’action humaine et nier sa puissance imaginative. La situation économique française prouve que nous sommes dans le déni : jamais l’état français n’a autant spolié les citoyens, et pourtant la misère progresse. Parce que prendre « pour le pauvre », c’est prendre.

Heureusement, le pouvoir politique a une limite naturelle. Elle s’exprime clairement à l’article 2 des Droits de l’homme et du citoyen. La solution est connue : regarder la réalité en face ! Le problème tient au dévoiement latent de la démocratie : l’électoralisme. La voie prise repose sur le vice, sans la vertu : s’accrocher aux vestiges de l’illusoire modèle français et préconiser la « démondialisation » au détriment du peuple. En clair, découpler la France du reste du monde, à l’instar de l’ensemble de la classe politique française qui préfère une misère persistante en dépendance, par calcul électoraliste.

Ce qu’on s’imagine, c’est que l’état doit être redistributeur. Mais en fait, il n’est que destructeur de richesse. C’est la corruption intellectuelle du système. Rien à voir avec l’intérêt dit « général » d’une société épanouie faite d’individus libres et responsables. Le meilleur des gouvernements sera celui qui ne gouvernera pas et dont l’objectif sera la séparation de l’économique et du politique, stricto sensu, comme avaient été séparés la religion et l’état. La politique ne se borne qu’à garantir le droit d’être des citoyens au sein de la société pacifiée, lesquels agissent par des échanges légitimes. Ça n’empêche pas les inégalités ? Tant mieux ! car l’inégalité est la source de toute richesse.

Monday, December 11, 2017

Subvention étatique des associations – Analyse critique – 1 : Principe et Répartition générale

Au titre de la « preuve » de sa « performance », Bercy publie désormais un « jaune budgétaire » qui fait état, mot bien choisi, de l’ensemble de subventions versées par les ministères à la foule des associations de tous ordres qui sont en situation plus ou moins avancée de dépendance financière.

Ce « Jaune » est pour le moins volumineux, puisqu’il est publié en 3 volumes austères et très factuels faisant respectivement 552, 761 et 1187 pages. Les deux premiers donnent le détail des montants versés par ministère à chaque association alors que le dernier fait le bilan pour chaque association.

Ce Jaune est extrêmement riche – autant que ces subventions nous appauvrissent – et mérite des analyses nombreuses. Il commence par nous informer que 17 ministères ont consacré la bagatelle de 2 057 430 760 euros pour financer 26 970 associations via quelques 82 « programmes » thématiques.

Nous reviendrons sur tout cela en détails. Pour le moment observons que parmi les 17 ministères, les trois seuls régaliens (Justice, Défense et Intérieur) ne représentent que 61,656 millions, soit 3% de la masse de ces dépenses. Autrement dit, 97% des sommes sont mobilisées sur des argumentaires qui ne sont même pas dans le domaine que beaucoup considèrent comme le cœur légitime de l’état.

Ces 17 ministères sont donc loin de dépenser de manière uniforme, et le graphique ci-dessous illustre la grande disparité des politiques de subvention entre eux, selon deux axes : en abscisses on trouve les montants globaux dépensés par ministère alors qu’en ordonnées figurent le nombre d’associations profitant de la manne ainsi versée. N’oublions pas de plus que ces chiffres et ce graphique ne rendent aucunement compte des sommes attribuées par les collectivités locales  on reste livides...


On y observe cinq zones qui jouent comme aux quatre coins de manière très marquée. On a vu les régaliens, ils sont avec les neuf autres les moins dépensiers dans le coin inférieur gauche. On constate que celui qui sort un peu du lot et tente d’exploser sa dépense est sans surprise le ministère de l’écologie et du « durable » des larbins. Ce sont toujours les choses les moins utiles mais qui font l’objet du plus de baratin et de propagande qui font les trous budgétaires, les « rouges » et « noirs » budgétaires. Et en effet, les cinq autres ministères qui se sont comme libérés et s’envolent vers les limites du schéma sont tous des domaines sans la moindre justification – autres que politiciennes.

Le plus timide, et c’est surprenant, est l’éducation et la recherche. On apprend ainsi que 200 millions viennent s’ajouter aux milliards jetés dans les abysses du fonctionnement de l’éducation nationale.

Plus proche de l’imaginaire commun, les 150 millions ventilés sur plus de 9 000 associations au titre de la jeunesse et du sport. Somme rondelette dont on pourrait imaginer qu’elles devraient provenir pour la plus large part des collectivités qui sont les plus proches de ces activités de la population.

En haut à droite, on constate que 450 millions tombent dans l’escarcelle de 11 mille entités au titre de la « culture », concept mou et flou qui permet de perfuser et de corrompre une foule avec en moyenne 41 mille euros par an, soit 3 400 par mois, de quoi faire le salaire d’une armée d’incultes.

Enfin, dans le coin du bas à droite, c’est-à-dire les sommes les plus importantes consacrées au plus petit nombre d’entités, 1 500 et 2 000 en gros, « l’agriculture » et le « travail », avec 285 mille et 230 mille euros en moyenne annuelle, donnent largement de quoi court-circuiter le marché et poser les bases de trafics en tous genres. La France est décidément le pays des délires jacobins en tous genres.

Voici donc un premier, rapide coup d’œil sur le scandale des subventions associatives. A suivre tout une série d’analyses plus ciblées et spécifiques sur les nombreux scandales qui s’y cachent…

Sunday, December 10, 2017

Et si… on séparait politique et économie ? (1/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Par quoi sont guidés nos hommes politiques ? Dans une chronique économique, que peut bien faire une question sur les hommes politiques ? S’il y avait une séparation effective entre économie et politique, je ne poserais pas cette question. Mais la question s’impose parce que la politique a sombré dans le mercantilisme et a un impact funeste sur la vie quotidienne de chacun.

L’échange est à la base de toutes les relations entre individus. Certes, il n’y a pas que des échanges économiques entre humains. Il demeure, naturellement pacifique, l’échange relève du domaine privé, et même sans qu’on en ait conscience, tout échange est un contrat de droit privé. La « loi » ne doit intervenir que lorsque l’échange – ou ses conditions – viole ce contrat, c’est-à-dire qu’un conflit survient où la propriété de l’un ou de l’autre a été abusée. Dès lors, c’est à la justice de s’organiser pour régler tout abus, y compris de pouvoir. Là intervient le politique : sur la séparation des pouvoirs.

Ainsi le politique n’a aucune raison d’intervenir dans les décisions d’échange. Rien ne justifie qu‘il prétende à une quelconque justice dans le domaine économique. Il en est même tout simplement incapable. Croire qu’on doit et qu’on peut égaliser par la loi les relations économiques est un non-sens contraire à la vie en société d’individus libres. C’est nier la souveraineté individuelle. Pire pour des socialistes « humains », c’est ne pas voir la richesse issue des différences entre les hommes.

Car il faut le dire et le marteler : l’homme politique n’est guidé que par son intérêt personnel, celui du pouvoir sur les autres, pouvoir qu’il exerce par la spoliation, matérialisée par impôts et taxes, en plus de l’arbitraire. C’est hélas la réalité, mais c’est en complète contradiction avec l’objectif dont ils masquent leur action et avec l’idéal qu’ils mettent en avant, celui du bonheur des citoyens.

D’abord le pouvoir. Comment peut-on prétendre vouloir assurer l’égalité des hommes devant le droit en détenant soi-même un pouvoir sur les autres ? En fait, l’homme politique détourne le droit : il place le droit « positif » (la législation) au-dessus du droit naturel qui fait la société depuis toujours.

L’homme politique est arrivé à peu à peu bafouer le droit naturel (droit d’être) en imposant des faux droits, artificiels, que sont les « droits à avoir » (droit au RSA, droit à un statut). Cela matérialise leur promesse arbitraire mais conduit à la catastrophe car on supprime peu à peu tout consentement individuel. Or il est immoral et injuste de priver les hommes des fruits de leur travail sans leur accord, comme le fait l’impôt. De plus, cet échange « forcé » n’est autre qu’un vol à titre économique. Même organisé par une pseudo majorité face à la minorité, cela n’est ni juste ni pacifique ni ne peut l’être.

Les droits d’être sont une notion humaniste, valable en tout lieu et toute époque. Et ce sont eux qui fondent les principes économiques. Ils sont universels et naturels, ils sont imprescriptibles. Mais l’abus de pouvoir les méprise, et même la démocratie ne suffit pas à limiter l’abus de pouvoir.

A l’inverse, les droits d’avoir n’ont de base que matérialiste et une incompréhension de la société et de nos valeurs. Ils sont variables avec les époques et les territoires où ils sont censés s’appliquer, preuve de leur injustice. Arbitraires et clientélistes, seul l’abus de pouvoir peut les mettre en place.

Une société épanouie, faite d’individus libres et responsables, a-t-elle place pour des droits d’avoir qui bafouent les droits d’être ? Comment les hommes politiques justifient-ils à cette lumière leur interventionnisme ? Nous y répondrons dans une seconde partie à venir prochainement.

La chasse aux riches nous appauvrit, tous

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Pour le commun des mortels, l’impôt serait un mal nécessaire. C’est ce qu’on nous apprend à l’école, du moins. La perversité des impôts et taxes, et de la dépense publique, est ainsi loin d’être reconnue largement. Et comme c’est la saison des taxes et que le gouvernement envisage de taxer jusqu’à la bière, laissez-moi vous expliquer en termes simples ce que tout le monde devrait pouvoir reconnaître.

Imaginons qu’une fois par semaine, 10 amis se retrouvent au bar et que l’addition totale se monte à 100 euros, soit 10 euros par personne. Nos dix amis décident de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire du calcul de l’impôt sur le revenu, qui donnerait ceci : les 4 premiers (les plus « pauvres ») ne paient rien. Le cinquième paye 1 euro, le sixième 3 euros, le septième 7 euros, le huitième 12 euros, le neuvième 18 euros, et le plus « riche » reçoit le « privilège » de payer 59 euros.

Les dix hommes semblent assez contents de leur arrangement et de se retrouver chaque semaine pour boire leurs bières. Jusqu’au jour où le tenancier décide de leur faire une remise de fidélité pour les inciter à venir plus souvent : « Comme vous êtes de bons clients, dit-il, je vous fais une remise de 20 euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais l’ensemble de vos bières que 80 euros. »

Le groupe décide de continuer à payer la nouvelle somme selon leurs taxes. Les quatre premiers continueront à boire gratuitement. Mais comment les six qui payent vont-ils diviser les 20 euros de remise de façon « équitable » ? Un rapide calcul nous donne : 20 euros divisés par 6 font 3,33 euros. S’ils soustraient cette somme de leur partage, alors le 5ème et le 6ème devraient être payés pour boire leur bière. Voilà un problème de « redistribution équitable » digne de Bercy – c’est fait exprès.

Le tenancier de la brasserie suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de chacun d’un pourcentage du même ordre. Il fait donc les calculs, et propose : le 5ème homme, comme les quatre premiers, ne paye plus rien. Le 6ème, 2 euros au lieu de 3 (moins 33%), le 7ème, 5 euros au lieu de 7 (moins 28%), le 8ème, 9 euros au lieu de 12 (moins 25%), le 9ème, 14 euros au lieu de 18 (moins 22%), et le 10ème, 50 euros au lieu de 59 euros (moins 16%).

Chacun des six « payants » paiera moins qu’avant, les 4 premiers continuant à boire gratuitement, rejoints par le 5ème. Mais, une fois hors du bar, chacun compare son économie : « J’ai seulement eu 1 euro sur les 20 euros de remise », dit le 6ème et en désignant le 10ème, « lui, il a eu 9 euros ». « Ouais ! » dit le 5ème, « j’ai seulement économisé 1 euro ». « C’est vrai ! » s’exclame le 7ème, « pourquoi aurait-il 9 euros à payer en moins et moi que 2 ? » Car en effet, le plus riche a eu la plus « grosse réduction ». « Attendez une minute », crie le 1er homme, « nous quatre n’avons eu aucune réduction du tout. Le système exploite les pauvres ! »

Bientôt, les 9 hommes cernent le 10ème « riche » et l’insultent. Le jour suivant, ce même 10ème homme ne vint pas prendre ses bières. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais, quand vint la note, ils n’eurent pas assez pour payer, pas même la moitié de l’addition…

Et cela, chers lecteurs, est le strict reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent en effet le plus de bénéfices d’une réduction de taxe. Taxez les plus encore, accusez-les d’être riches, et ils pourraient bien aller boire à l’étranger... et les autres se voir bien mal en point.

Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire. Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible… Quant à ceux qui ne veulent pas comprendre, je les salue…